Attaque criminelle d’une mosquée
Cette agression intervient au lendemain des délibérations du conseil municipal qui a statué sur la cession du local à l’association gestionnaire des lieux.
Joint par téléphone, Mr GHERGUI Abdel Hakim, a indiqué que : ” environ 15 m2 d’espace ont été brûlés. Le ou les individus sont montés sur le toit de la mosquée en passant par les branches d’un arbre mitoyen avant de jeter un objet incendiaire dans la salle de prière. Nous avons pris des photos et nous avons porté plainte ” a précisé M. GHERGUI.
AmaraBamba
http://www.saphirnet.info, Mardi 31 Décembre 2002
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Une mosquée visée par un attentat dans la banlieue de Lyon
UN LIEU de culte musulman situé à Rillieux-la-Pape, dans la banlieue nord de Lyon, a été la cible d’un incendie d’origine criminelle dans la nuit du 26 au 27 décembre. Un ou plusieurs individus ont ouvert un vasistas et projeté un produit incendiaire qui a enflammé environ 15 m2 de moquette dans la principale salle de prière. Le feu ne s’est pas propagé grâce à la moquette ignifugée, selon Hakim Chergui, le président de l’association culturelle de la mosquée de Rillieux-la-Pape. Les enquêteurs excluent « pour le moment » tout lien avec le geste de vandalisme contre la grande mosquée de Lyon, aspergée de peinture bleu, blanche et rouge, dans la nuit du 27 au 28 décembre. Lundi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant ce lieu de culte pour dénoncer « l’islamophobie latente » qui règne en France, selon Kamel Kabtane, le recteur de la grande mosquée. La manifestation réunissait des représentants des Eglises chrétiennes et le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, ainsi que de nombreux élus, de droite comme de gauche.
Le Monde – 01 janvier 2003 - http://www.lemonde.fr/web/recherche…4&finannee=2003
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Deux mosquées sont “visitées” à Nîmes (Gard). Les locaux techniques et les bureaux ont été saccagés et de l’argent dérobé.
11 janvier 2003 -
SIX NOUVELLES mosquées ont subi, ces derniers jours, des agressions.
Selon une enquête menée par le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), des jets de peinture bleue, blanche et rouge ont été perpétrés contre des mosquées de Lille-sud, Nanterre, Bordeaux, Melun, Paris 11e (rue Jean-Pierre Timbaud) et Paris 19e. Ces actions, qui se sont déroulées sur trois jours, samedi 25, dimanche 26 et lundi 27 janvier, ont été revendiquées par un groupuscule d’extrême droite, les comités Canal résistance, sur le site Internet SOS Racaille.
Ce groupe s’était fait connaître en décembre 2002, lors de l’agression similaire qui avait touché la mosquée de Lyon. Le ministère de l’intérieur avoue ne pas être au courant de toutes ces agressions et ne connaître que celle de Melun. Le MRAP, qui dit surveiller de près la production de ce site Internet, avait alerté depuis plusieurs mois le ministère ainsi que l’ensemble des parlementaires sur sa dangerosité.
Le Monde, 1er février 2003
Des dégradations à la mosquée de Quimper
Une enquête de police a été ouverte après le découverte, jeudi 6 février, de deux croix dessinées à la peinture rouge sur des piliers à l’entrée de la mosquée en construction de Quimper (Finistère). Deux autres croix ont été peintes sur les palissades de ce lieu de culte qui avait été l’objet d’un début d’incendie en janvier. Les responsables de la mosquée ont porté plainte. Un fax anonyme adressé au bureau de l’AFP à Rennes annonçait les dégradations dans la matinée du 6 février. « L’Islam ne régnera pas », indiquait le message qui a été envoyé des locaux d’une société créée par Michel Dor, un ancien responsable local du Front national, puis du Mouvement national républicain (MNR). M. Dor a reconnu que le numéro de téléphone relevé sur le fax correspondait bien à ses coordonnées. Il a, cependant, nié toute implication dans cette action. Les enquêteurs n’excluent pas une machination. Après avoir quitté le MNR à l’automne 2002 pour protester contre la stratégie électorale de son président, Bruno Mégret, M. Dor avait suscité la colère de certains sympathisants d’extrême droite.
Le Monde – 9 février 2003 - http://www.lemonde.fr/web/recherche…4&finannee=2003
Un lieu de culte musulman incendié à Nancy
LA POLICE privilégie la piste criminelle après l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 mars dans un gymnase faisant office de mosquée, dans le quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy. Le feu a démarré peu après 3 heures 30 du matin, alors qu’il n’y avait personne dans le bâtiment. Eteint vers 4 heures 15, il a ravagé une superficie de 200 mètres carrés. Les enquêteurs ont constaté sur place des traces d’effraction. Cet incendie, que la mairie de Nancy tient à « déconnecter du contexte international », intervient le jour même où était prévue avec les différentes associations de la communauté musulmane une réunion sur la nouvelle mosquée de Nancy.
L’agglomération a entrepris une réflexion sur l’implantation d’un nouveau lieu de culte, plus adapté et plus respecteux de la communauté musulmane. Mais, selon certains témoignages, il y aurait autour de la question de la représentativité des associations participant au débat « une petite tension interne ».- (Corresp.)
Le Monde – 27 mars 2003 - http://www.lemonde.fr/web/recherche…4&finannee=2003
Attentat contre la Grande Mosquée de Paris
Une bouteille enflammée a été lancée, dimanche 18 mai en début d’après-midi, en direction d’une porte de la Grande Mosquée de Paris, située place du Puits-de-l’Ermite, dans le 5e arrondissement. Aucun dégât n’a été constaté. L’auteur de ce geste a pris la fuite au volant d’une voiture qui était garée à proximité. La 3e Division de police judiciaire (DPJ) a été saisie de l’enquête
Le Monde – 20 mai 2003 - http://www.lemonde.fr/web/recherche…9&finannee=2003
Plainte contre un tract d’extrême-droite.
Le conseil des communautés juives de Seine-Saint-Denis a décidé de porter plainte contre les auteurs d’un tract distribué, ce week-end, dans un grand nombre de boîtes aux lettres des immeubles de Saint-Denis, Epinay et Villetaneuse.
Ce document intitulé « Français nous vous haïssons » a, selon une source policière, vraisemblablement été rédigé par un groupuscule d’extrême-droite. Les rédacteurs se présentent comme des « Algériens et Arabes » avant de fustiger la France, les Français et la communauté juive.
« Le ton et les formules nous font penser à la littérature d’extrême-droite, telle qu’Unité Radicale, dans le but de monter la population contre la communauté arabo-musulmane », précise l’enquêteur.
Le Parisien, édition Seine-Saint-Denis matin, page 2, mercredi 20 août 2003
Le militant d’extrême droite jugé à Paris.
Florian Scheckler voulait « mourir en martyr » en se faisant exploser dans une mosquée parisienne. Il s’en était vanté auprès de ses amis du mouvement d’extrême droite Unité Radicale et de la mouvance catholique intégriste qu’il fréquentait assidûment. Chez lui, les policiers ont retrouvé des substances explosives et un testament appelant à la « croisade ». Interpellé fin janvier et écroué à la prison de la Santé, Florian Scheckler, presque 30 ans, comparaît aujourd’hui devant la seizième chambre du tribunal correctionnel de Paris. Me Sophie Soria entend demander la relaxe de son client qui encourt entre cinq et sept ans de prison.
Le Parisien, mercredi 10 septembre 2003, page 17
La porte d’une mosquée de Dunkerque cible d’un incendie
DUNKERQUE (AP) - La porte d’une salle de prière musulmane de Dunkerque (Nord) a été incendiée mardi soir sans faire de blessé, a-t-on appris mercredi auprès du commissariat de Dunkerque. Des croix gammées à l’envers ont été inscrites sur la porte qui a été endommagée.
Un produit inflammable a été jeté contre la porte de cette salle de prière de l’association du croissant de l’Islam qui était vide au moment des faits, a précisé la police qui a été prévenue par des riverains.
Des analyses sont en cours pour déterminer la nature du produit et l’enquête a été confiée à la sûreté urbaine de la ville. Les deux croix gammées étaient mal recopiées, inscrites dans le mauvais bon sens, selon la police.
© AP - The Associated Press,. 26 Novembre 2003
Boucherie hallal visée en Corse
Une boucherie hallal a été légèrement endommagée par un attentat à l’explosif dans la nuit de dimanche à lundi à Porto-Vecchio, en Corse-du-Sud. L’attentat n’a été ni revendiqué ni signé. Une inscription “droga fora” (la drogue dehors) a été peinte sur le mur du commerce.”
TF1 - Lundi 01 décembre 2003 - 01h54
Tempête autour de la mosquée
par Stéphane Lavignotte
À quoi joue la mairie de Strasbourg ? Après des années de rebondissements (voir encadré), les 40 000 musulmans de l’agglomération pouvaient enfin espérer voir leur projet de grande mosquée sortir de terre. Patatras ! Un courrier des élus municipaux a tout remis en cause, apparemment. Le 17 novembre, en plein conseil municipal, deux jours après la signature du permis de construire, Catherine Trautmann, ex-maire PS, aujourd’hui dans l’opposition, rendait public un courrier envoyé aux administrateurs de la Grande Mosquée par son successeur, Fabienne Keller et Robert Grossmann, maire délégué (et président de la Communauté urbaine). Le duo pose de curieuses conditions pour la participation financière de la mairie au projet (1). En vrac : ils citent des personnes qu’ils aimeraient voir élues au conseil d’administration ; « les prêches ou sermons (des) imams [doivent se faire] en français et non pas en arabe » ; l’accueil de « cours de religion » pour les enfants est jugé surprenant. Cerise sur le gâteau : « alors que la délinquance se développe à nouveau ces dernières semaines, écrivent les deux élus, votre place à Strasbourg et ce projet de nouvelle mosquée auraient tout de même dû avoir des effets positifs, quant à l’influence de vos responsables sur les populations que vous côtoyez. » Des affirmations qui ont choqué, entre autres, les Églises chrétiennes locales. Ove Ullestad, responsable protestant pour les relations avec l’islam rappelle que « les pouvoirs publics n’ont pas à s’immiscer dans l’organisation du culte. Le choix de la langue pour les prêches est de cet ordre ». Un sujet sensible dans une région où l’allemand et l’alsacien sont utilisés dans les cultes protestants, le yiddish et l’hébreu dans certaines synagogues et même le latin pour un culte catholique traditionnel hebdomadaire…
Que cherche la mairie de Strasbourg par un courrier tellement maladroit qu’il aurait jeté la consternation jusqu’au cabinet de Nicolas Sarkozy ? Faire capoter le projet ? En effet, ordinairement en Alsace, le financement à hauteur de 10 % par la ville ouvre presque automatiquement d’autresaides : 10 % supplémentaire par le Conseil général et encore 10 % par la Région. Un tiers du financement pourraient ainsi être remis en cause. Adderrahim El Heloui, un des initiateurs du projet, a immédiatement fait savoir que « la communauté musulmane pourrait se passer du financement de la mairie ».
Cette pression municipale n’est pas nouvelle. La majorité UMP a déjà fait supprimer du projet les bâtiments prévus pour l’action sociale et les animations culturelles. Elle a aussi fait réduire d’un tiers la surface de la salle de prière, fait en sorte qu’il n’y ait pas de minaret comme il était prévu avec l’ancienne municipalité…
Faut-il chercher une explication plus politicienne ? Lors des dernières législatives, malgré la vague UMP, Robert Grossmann avait échoué de 121 voix face au socialiste Armand Jung (le seul élu de gauche). L’extrême droite alsacienne (pour une fois unie) avait appelé à faire battre celui-ci au second tour. En cause, notamment, un manque de clarté sur le projet de mosquée. Moins de la moitié des voix d’extrême droite du premier tour avait « échappé » à Grossmann. « Est-ce une maladresse ou un gage donné à cette partie de l’électorat à quelques mois de nouvelles échéances ? », s’interroge Gérard Janus, président du mouvement protestant de lutte contre l’extrême droite « Comprendre et s’engager » « Il y a des choses qui ne devraient pas faire l’objet d’enjeux politiciens, comme l’antisémitisme ou la place de l’islam. Et malheureusement, à droite comme à gauche, aucun parti n’échappe à l’instrumentalisation de ces questions », conclut Gérard Janus.
(1) En Alsace-Lorraine où la loi de 1905 ne s’applique pas, 10 % du coût de construction d’un édifice religieux est pris en charge par la collectivité locale.
Témoignage Chrétien, Décembre 2003
Cocktails molotov devant une mosquée : émoi dans la communauté musulmane
Des représentants de la communauté musulmane d’Avignon ont appelé vendredi à manifester contre la multiplication des actes racistes après la découverte jeudi de cocktails molotov devant l’entrée d’une mosquée et d’une association musulmane de la ville.
Le rassemblement de protestation est prévu samedi devant la préfecture du Vaucluse à Avignon, a-t-on indiqué de même source.
“Un autre lieu de culte avait déjà connu un incident similaire. La mosquée de la Rocade (ceinture routière autour des remparts de la Cité des papes, ndlr) a également été cambriolée et plusieurs portes défoncées. On reçoit également des lettres d’injures”, a expliqué à l’AFP Mohamed Moussaoui, imam et vice-président du Conseil régional du culte musulman.
“Ce type d’actes que je peux qualifier +d’islamophobie+ commence à se multiplier et cela nous inquiète. On assiste à un regain d’intolérance et de racisme qui ne vise pas uniquement la communauté musulmane, auquel il faut mettre un terme. Il faut dire d’une voix forte : ces actes sont intolérables”, a-t-il ajouté.
Jeudi matin, quatre cocktails molotov dont la mèche a fait long feu avaient été découverts devant la mosquée Monclar, au sud d’Avignon. Deux autres engins incendiaires avaient également été déposés devant les locaux d’une association musulmane “jeunesse énergie avignonnaise”, dans le quartier de la Croix des oiseaux, sans faire plus de dégât.
Les responsables des deux structures ont porté plainte.
“On voudrait donner un avertissement, qu’on ne s’y prendrait pas autrement”, a estimé un policier surpris par le modus operandi. “Quand on veut perpétrer un attentat, on s’y prend autrement”, a-t-il ajouté.
La Croix - samedi 13 décembre 2003 - http://marseille.naros.info/breve.php3?id_breve=373
Châlons-en-Champagne : Dégradation à la mosquée
« Ca commence par bien faire », s’énerve Djilali Benmohammed, le trésorier de la mosquée Nour El Islam de Châlons-en-Champagne.
L’Union - 26 déc 2003
La blague sinistre des «potaches» fachos à la basilique Saint-Denis
Ils avaient voulu rigoler, mener «une action drôle et amusante». Passer une bonne journée. Ils se sont retrouvés hier devant la 13e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny (Seine Saint-Denis). Cinq hommes d’extrême droite poursuivis pour violences avec préméditation, en réunion et avec arme.
Ils étaient militants de l’Union radicale, dissoute en août 2002, après que l’un des leurs, Maxime Brunerie, a tenté de tirer sur Jacques Chirac lors du défilé du 14 juillet 2002. Ils ont rebaptisé leur groupuscule «Unité amicale» par «moquerie vis-à -vis de l’Etat».
Sacrilège. Les cinq, eux, n’avaient pas voulu de violence, ont-ils juré hier. Le 15 septembre 2002, en compagnie d’une dizaine d’autres militants qui n’ont pas été arrêtés, ils ont pris pour cible le curé de la basilique de Saint-Denis, le père Bernard Berger, 70 ans, parce qu’il avait accueilli des sans-papiers dans son église. «Collabo de l’immigration», le prêtre avait abrité des «musulmans dans une basilique royale», ce qui constituait, à leurs yeux, une offense à l’histoire de France et une «profanation» de la nécropole des rois.(NDLR : « à bas l’Islam », Le Parisien Ed. Seine-St-Denis, mardi 2 mars 2004) Le religieux méritait d’être «entartré», à la façon du comique belge Noël Gaudin. Ils avaient prévu de mener l’action avant l’office, pour ne pas commettre de sacrilège, a tenu à préciser, hier, le plus âgé de la bande. Hervé Lalin, 37 ans, professeur au chômage, s’est plaint qu’après les «ignobles calomnies» publiées sur son compte par les journaux, il n’a «plus aucun espoir de trouver un emploi dans la fonction publique». A son domicile, les policiers ont déniché des K7 de chants de Waffen SS, des tracts comme «L’extrême droite, c’est hypercool». Et une intrigante liste de personnalités. Régis Debray, Bertrand Delanoë, Philippe Sollers, Bertrand Poirot-Delpech. Hervé Lalin a expliqué hier que, faute d’emploi dans l’Education nationale, il a été «agent de sécurité» aux éditions Gallimard.
C’est Hervé Lalin qui a piloté l’action. Il a couvert le prêtre de mousse à raser et, avec un petit pistolet à eau, a inondé sa chasuble d’eau et d’encre. Marc Maregiano-Koenig, 25 ans, étudiant en sciences politiques, lecteur de Nietzsche, a pris les photos de l’événement qui ont été diffusées sur Internet. Chez lui, les enquêteurs ont trouvé des croix gammées et des tracts sur «La France qui perd, la France qui pue». Il ne voulait pas d’action violente : «Je ne suis pas un terroriste», a assuré cet homme en veste de cuir. Ce jour-là , il voulait «rigoler». En jean et capuchon dans le dos, Rémi Margueritte, 29 ans, agent d’entretien sans emploi, est le seul à avoir dit qu’il connaissait Maxime Brunerie. Lui a aspergé le curé de gaz lacrymogène, au moment où le sacristain et un paroissien se portaient au secours du religieux. Stéphane Malachwiej, 27 ans, logisticien, et Guillaume Duchesne, 28 ans, surveillant pénitentiaire à la prison de Melun, se sont connus au collège. Ils sont militants, encartés chez Bruno Mégret. En laissant des tracts dans la basilique, «le curé s’est pris une tarte dans la gueule. Franchement, il l’a bien méritée. Avis aux amateurs», ils ont voulu faire rire.
«Très choqué». La procureure a rappelé que le vieux père Berger avait été «très choqué», restant un moment sans réaction. Elle n’a vu que de la «pure violence» dans cette «blague», et a réclamé de 4 à 12 mois de prison avec sursis.
La défense a décrit une «affaire de potaches», en s’insurgeant contre un «procès politique». Jugement le 4 mars. Brigitte VITAL-DURAND
Libération, mardi 2 mars 2004, http://www.liberation.fr/page.php?Article=182723
PARIS, 5 mars (AFP) - Incendie de mosquées en Haute Savoie: Perben demande une sévérité maximum
Le ministre de la Justice Dominique Perben a demandé vendredi au parquet une sévérité maximum après l’incendie de deux mosquées en Haute-Savoie, a indiqué la Chancellerie.
M. Perben a demandé au procureur général que cette infraction tombe sous le coup de la loi de février 2003 qui double le maximum de la peine encourue en cas de motivation raciste, a-t-on indiqué de même source.
Selon cette loi, le maximum de la peine pour destruction par incendie ou explosif, passe de 10 Ã 20 ans de prison.
Les deux incendies volontaires ont détruit une salle de prière à Seynod (Haute-Savoie) et endommagé la chaufferie de la mosquée d’Annecy.
La Croix, samedi 6 mars 2004,
http://www.la-croix.com/afp/index.j…1000&rubId=1295
Discriminations scandaleuses
par Michel Cool
Deux lieux de culte musulman ont été victimes d’incendies criminels la semaine passée à Annecy (Haute-Savoie). En une nuit et à quelques heures d’intervalles. Une nuit effrayante de feux racistes, comme la croix celtique, emblématique de l’extrême droite, dessinée sur le mur d’un des édifices, paraît l’indiquer. Si les flammes n’ont que partiellement abîmé le local technique de la mosquée, elles ont, par contre, ravagé la chaire à prêcher, les tapis et les livres de la salle de prière de la banlieue annecienne de Seynod. « Ce n’est pas un acte de vandalisme, c’est un attentat. Or, aucune personnalité politique de premier plan n’est là », a déploré Kamel Kabtane, président du conseil régional du culte musulman (CRCM). Trois cents personnes avaient manifesté en silence le 6 mars devant le sanctuaire incendié. Un représentant catholique local était présent, mais aucune personnalité politique de la ville, du département ou de la région. Cette absence a été ressentie comme du mépris par les Français arabo-musulmans locaux, pratiquants ou non. Les réactions tardives des pouvoirs publics n’en ont que plus alourdi les cœurs et les rancœurs, alors que la France connaît depuis plusieurs mois une recrudescence d’actes islamophobes.
L’enquête que nous publions n’allègera pas le mal-être profond de nos compatriotes qui, parce que leurs noms fleurent la Méditerranée ou la brousse africaine, continuent à être considérés comme des citoyens de seconde zone, dans la société française. Moins de 3 % des candidats issus des Dom-Tom ou d’origine étrangère sont en position éligible sur les listes pour les régionales. Cette discrimination négative est un scandale ! La droite avait promis monts et merveilles en arrivant au pouvoir. Elle avait même innové en nommant deux secrétaires d’État d’extraction arabe. À deux semaines du premier tour, les « beurs » exclus de ses listes ruent dans les brancards. Les plus déçus appellent au vote sanction. La gauche sauve l’honneur. Les communistes et les socialistes ont fait un effort pour métisser leurs candidatures. Mais les militants politiques et associatifs qui ont mené d’arrache-pied ce « combat culturel » confessent avoir remporté une victoire à la Pyrrhus. Il leur a fallu, en effet, déjouer les calculs électoralistes et clientélistes de circonstance. Ils ont dû négocier et ramer jusqu’à la dernière minute avant la clôture définitive des listes. Pour repeindre la République aux couleurs réelles de la France, ouvrir les portes des mairies et des assemblées ne suffira pas. Il faudra aussi ouvrir les mentalités, changer la politique, démocratiser les partis ! Car le paysage actuel décrit par Karim Bourtel est tout simplement surréaliste : « À ce jour, relève-t-il, la France ne compte aucun sénateur ou député issu de l’immigration. Ils sont 4 sur 1 829 à siéger dans les conseils régionaux et, dans le meilleur des scénarios, ils seront une cinquantaine fin mars. »
Les attentats racistes et la discrimination négative aux élections qui visent ces citoyens à part entière, ne souffrent aucune excuse ni omission d’une République laïque qui vient de manifester solennellement par une loi sa fidélité aux valeurs de tolérance et d’égalité. « Avant que nous soyons issus de l’immigration ou de l’islam, nous sommes comme tout Français, d’abord issus de nos parents », rappelle Hakim El Ghissassi, directeur du magazine La Medina. Il est grand temps de répondre à l’envie de vivre ensemble partagée par des millions de Français d’origines différentes. La majorité silencieuse. Il est temps d’accorder les violons de la République à leurs voix pour faire vibrer une symphonie démocratique.
Témoignage Chrétien – 10 mars 2004 http://www.temoignagechretien.fr/jo…099&categ=Edito
Une citoyenne musulmane empêchée de voter
Dimanche 21 mars, lors du vote pour le renouvellement des sièges des conseils régionaux, Madame Toufiq, habitante de la ville d’Argenteuil (Val-d’Oise) s’est vue interdire l’accès au bureau de vote n°19 afin d’accomplir son devoir de citoyenne par la personne en charge de l’urne. Le CCIF condamne fermement cette acte discriminatoire islamophobe qui procède d’une volonté de nier à Mme Toufiq sa qualité de citoyenne en l’empêchant d’exercer son devoir civique. Ces dénis du droit ne sauraient être tolérés davantage, ils résultent d’une campagne médiatico-politique tous azimuts contre l’islam et les musulmans visant à les stigmatiser et les placer en marge de la société. Le CCIF exige de l’Etat d’agir concrètement afin que cesse l’islamophobie dans notre pays et que son intervention ne se limite pas à de symboliques discours de fermeté, il doit véritablement être intransigeant envers les semeurs de haine. Le CCIF dénombre des cas d’islamophobie de plus en plus nombreux chaque jour dans notre pays. Ces faits sont vérifiables dans tous les domaines de la vie et touchent particulièrement les femmes. Le courage doit l’emporter sur la peur, c’est pourquoi le CCIF appelle toutes les victimes de ces actes lâches à témoigner de ce qu’elles subissent et à porter plainte lorsque cela est nécessaire.
Collectif Contre l’Islamophobie en France – 23 mars 2004 - http://www.islamophobie.net/
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Deux lieux de culte musulman pris pour cibles
Un engin incendiaire a été lancé, dans la nuit du mardi 30 au mercredi 31 mars, contre la grande mosquée de Creil (Oise), provoquant des dégâts limités. L’engin, un bidon contenant du white-spirit muni d’un chiffon en guise de mèche, a été jeté en pleine nuit face à l’entrée principale de la mosquée. Le feu a été rapidement éteint par plusieurs jeunes gens qui se trouvaient sur les lieux et l’incident n’a laissé qu’une trace noire sur le sol.
Dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 mars, des inconnus avaient lancé un engin incendiaire sur un lieu de culte musulman situé à l’intérieur d’une usine, à Vecqueville (Haute-Marne), provoquant de légers dégâts. Le lieu de prière avait fait l’objet de tags à caractère raciste en février.
Le Monde – 2 avril 2004 - http://www.lemonde.fr/web/recherche…ge=10&nb_art=38
L’armée et l’Islam
Pour la première fois, un chargé de mission spécialiste de l’islam va être nommé auprès du chef d’état-major des armées, le général Henti Bentégeat. Officiellement, le but est d’aménager au mieux les rapports entre l’armée professionnelle et cette religion, de très nombreux engagés étant « musulmans ». Officieusement, certains stratèges s’inquièteraient d’une éventuelle montée de l’islamisme dans les casernes.
Le Parisien Samedi 10 avril 2004 p.4
Une salle de prière musulmane vandalisée à Haguenau
HAGUENAU (AP) — Une enquête de police a été ouverte après les actes de vandalisme dont a été la cible l’une des deux salles de prière musulmanes de Haguenau (Bas-Rhin) au cours de la nuit de mercredi à jeudi, apprend-on de source policière.
Une poubelle avait été placée devant la porte d’entrée de l’édifice, une ancienne morgue mise à la disposition de la communauté islamique par la mairie. Le feu mis au conteneur a endommagé la porte d’entrée. Les tags, notamment des croix gammées, ont été dessinés sous le porche.
L’année dernière, l’Association culturelle islamique de Haguenau avait reçu une lettre anonyme contenant des propos xénophobes.
La porte-parole du Parti socialiste Annick Lepetit a «condamné vigoureusement» dans un communiqué cette profanation. «Nous demandons au gouvernement français une détermination sans faille pour condamner ces actes scandaleux» et «rechercher les coupables», écrit-elle.
Le NouvelObs – jeudi 16 avril 2004 - http://permanent.nouvelobs.com/soci…P5390.html?1303
Croix gammées sur le portail d’une mosquée de Strasbourg
STRASBOURG (AFP) - Des croix gammées ont été tracées dans la nuit de lundi à mardi sur le portail d’une mosquée de Strasbourg, a-t-on appris de source policière.
Une inscription “morts au arabe” (sic) a également été apposée sur un mur d’enceinte de cette mosquée du quartier de la Meinau, fréquentée en majorité par la communauté turque.
Deux poubelles extérieures ont été incendiées sans causer de dégâts au bâtiment. L’imam de la mosquée, qui réside sur place, a entendu du bruit vers 02h00 et a pu éteindre le feu, ont précisé lors d’une conférence de presse les responsables de la mosquée Eyyub Sultan, qui ont déposé plainte.
“Nous condamnons cet acte inacceptable, qui n’est pas le premier malheureusement”, a déclaré le porte-parole de la mosquée, Cengiz Dogan.
“Cet acte odieux vise la communauté musulmane dans son ensemble et s’inscrit dans un climat local dans lequel des actes de nature raciste et islamophobe se multiplient”, a ajouté Abdelhaq Nabaoui, président du conseil régional du culte musulman d’Alsace, qui a énuméré plusieurs événements “similaires” ces dernières semaines dans la région.
La semaine dernière, une mosquée de Haguenau (Bas-Rhin) avait été victime d’une tentative d’incendie et deux croix gammées avaient été tracées sur le bâtiment.
Une entreprise de pompes funèbres de Oberhausbergen, près de Strasbourg, a également fait l’objet la semaine dernière d’une tentative d’incendie et d’inscrition de croix gammées, selon M. Nabaoui.
Enfin, début avril, cinq pierres tombales –quatre musulmanes et une juive– du cimetière militaire du quartier strasbourgeois de Cronenbourg ont été profanées, notamment par l’inscription de croix gammées.
L’express – mardi 20 avril 2004 - http://www.lexpress.fr/info/infojou…que=france&1630
Le Club Averroes lance un appel à boycotter le colloque du Haut Conseil à l’Intégration sur la diversité dans les médias
Par le Club Averroès
Nous journalistes, producteurs, comédiens, scénaristes, artistes… tous membres du Club AVERROES* tenons à réagir vivement aux propos « discriminants » tenus par Mme Blandine Kriegel, Présidente du Haut Conseil à l’Intégration (HCI), le 18 mars dernier à l’Elysée.
Sur la question de la discrimination qui pèse sur les journalistes issus de l’immigration, l’analyse de Madame Blandine Kriegel est simpliste : « certains journalistes français issus de l’immigration maghrébine sont confrontés à la discrimination, sans doute parce qu’ils sont proches des tendances islamistes.. »
Une réunion en vue de l’organisation par le HCI, d’un Colloque sur la Diversité Culturelle dans les médias audiovisuels s’est tenue en compagnie des membres du Club Averroes. Déballage malencontreux ? acte isolé ? ou aveu d’une véritable « suspicion » à l’égard des jeunes Français de culture musulmane ?
La question subsiste car la remarque de Madame Kriegel fait suite aux positions clairement islamophobes de Claude Imbert.
Il est ahurissant de constater que des Intellectuels, nommés par le Président de la République, puissent tenir des propos aussi scandaleux alors que la mission première du HCI est de favoriser une meilleure intégration des minorités dans notre pays.
Ces propos, récurrents et insidieux, démontrent que l’amalgame qui est fait entre les Français de culture musulmane et les intégristes est toujours présent, et qu’il est plus que jamais ancré au HCI.
Aujourd’hui les déclarations malheureuses du HCI minent la conduite d’une bonne politique d’intégration en France des populations d’origine étrangères. Des dérives qui font que cette institution a perdu aujourd’hui toute crédibilité et donc toute légitimité à l’égard de ceux qu’ils sont censés représenter.
Le Club Averroes qui depuis 7 ans mène une action en profondeur sur un sujet sensible comme la diversité dans les médias français, déplore que le HCI ait davantage le souci de canaliser les « énergies » que celui d’organiser l’expression libre des sensibilités dans un débat essentiel pour la cohésion nationale. C’est pourquoi les membres du Club AVERROES ont décidé de boycotter ce colloque…tout en se réservant le droit d’une participation alternative.
Oumma.com – jeudi 22 avril 2004
Sept agressions racistes contre les musulmans d’Alsace
Par Marine JOBERT
«Pour ne pas échauffer les esprits, on n’en parlera pas à la prière», assure le recteur d’une des mosquées de Strasbourg. Mais «l’inquiétude» est là , chez tous les membres de la communauté musulmane alsacienne, trois semaines après le début d’une série de sept agressions non élucidées contre des lieux de culte, des commerces ou des lieux fréquentés par des musulmans. Le conseil régional du culte musulman (CRCM) appelle à un rassemblement ce samedi après-midi à 15 heures, place Kléber à Strasbourg, «pour dire à ceux qui ont commis ces actes que la communauté et l’ensemble des Strasbourgeois ne tolèrent pas leurs idées fascistes et nazies», explique Abdellah Boussouf, vice-président du CRCM.
Au début du mois, cinq pierres tombales d’anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale  quatre sépultures musulmanes, une sépulture juive  sont profanées par des croix gammées au cimetière militaire de Cronenbourg. Le 15 avril, la mosquée d’Haguenau, essentiellement fréquentées par des Marocains, manque de partir en fumée et deux croix gammées sont retrouvées sur la façade. Dans les jours qui suivent, les seules pompes funèbres musulmanes de la région sont aussi visées par un début d’incendie. Au feutre, sur la façade, encore des croix gammées.
Même scénario le 19 avril à la mosquée la plus fréquentée d’Alsace, nommée Ayyoub Sultan, dans le quartier de la Meinau, où 4 000 fidèles d’origine turque se rassemblent chaque vendredi. Des murs de l’université sont également couverts d’insultes contre la communauté musulmane. Jeudi, des insultes antiarabes et islamophobes  «Islam dehors», «Mort aux Arabes»  sont retrouvées dans la cage d’escalier d’un immeuble de l’Elsau, avant qu’une épicerie halal, tenue par un Algérien, soit dévastée par un incendie à Koenigshoffen.
Personne n’a été interpellé encore, mais les regards se tournent vers des sympathisants de l’extrême droite, qui a rassemblé un tiers des votants au premier tour des régionales. «On ne veut pas dire que les Alsaciens sont des racistes ou des islamophobes, insiste Abdellah Boussouf. Mais on a cultivé la peur pendant la campagne.» Des représentants des Eglises catholique, protestante, luthérienne, réformée, évangélique, orthodoxe et anglicane ont condamné les agressions, ainsi que la communauté juive.
Libération – 24 avril 2004 - http://www.liberation.fr/page.php?Article=199434&AG
Nouvelle attaque contre des mosquées
Dans la nuit de vendredi à samedi à Alençon, trois lieux de culte musulman, dont la mosquée située au quartier Saint-Léonard (mais aussi les locaux rue Jean-Mantelet et rue Michelet à Perseigne) ont fait l’objet de dégradations diverses : vitres brisées, portes détériorées, etc…
L’émotion est d’autant plus forte que dans la semaine précédant ces exactions, un communiqué en forme de mise en demeure est arrivé dans la boîte à lettres de certains commerçants de Perseigne d origine étrangère. Communiqué envoyé à la presse et signé d un mystérieux CDFP, inconnu au fichier officiel des associations, se targuant d être le Collectif de défense des Français de Perseigne. Les services de la préfecture n’écartent aucune hypothèse et pour l’heure, les communautés musulmanes prônent la sérénité.
Source nordsarthe.com.
Oumma.com – mardi 27 avril 2004
Une future mosquée turque cible de dégradations dans la Loire
SAINT-ETIENNE (AP) — Un bâtiment qui doit accueillir une mosquée turque à Saint-Just-Saint-Rambert (Loire) a été la cible de dégradations dans la nuit de vendredi à samedi, a-t-on appris lundi de source judiciaire.
Les responsables de l’Association culturelle et sportive turque de Saint-Just-Saint-Rambert, abritant la mosquée qui doit être inaugurée le mois prochain, ont déposé plainte auprès de la gendarmerie après la découverte d’inscriptions injurieuses et racistes, ainsi que des croix gammées dessinées sur la façade de l’édifice, dont une fenêtre a été brisée et une porte incendiée.
Les membres de cette association à caractère social, créée en 1976 dans cette ville de l’agglomération stéphanoise, sont réputés calmes et ne posent pas de problèmes de voisinage, précisait-on de même source. AP
Le Nouvel Obs – 3 mai 2004
Brigitte Bardot au tribunal jeudi pour provocation raciste
PARIS (AFP),
le 05-05-2004
Brigitte Bardot, déjà reconnue coupable dans le passé de provocation à la haine raciale, est de nouveau poursuivie jeudi pour des écrits présumés racistes dans son ouvrage pamphlétaire paru en mai 2003 aux éditions du Rocher, “Un cri dans le silence”.
Selon son secrétariat à la Fondation Brigitte Bardot, celle qui s’illustre désormais dans la défense des animaux entend bien se présenter à partir de 13H30 devant les juges de la 17e chambre du tribunal chargés de l’affaire.
Ces poursuites, qui visent aussi les éditeurs de l’ex-égérie du cinéma français, sont intentées par le MRAP et la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui estiment notamment que “le racisme n’est pas une opinion en France mais un délit” et que Mme Bardot est une “multirécidiviste”.
Dans son assignation à comparaître, la MRAP vise notamment le passage suivant : “On n’a plus le droit d’être scandalisé quand des clandestins ou des gueux profanent et prennent d’assaut nos églises pour les transformer en porcheries humaines, chiant derrière l’autel, pissant contre les colonnes, étalant leurs odeurs nauséabondes sous les voûtes sacrées des choeurs”.
“Je suis contre l’islamisation de la France ! Cette allégeance obligatoire, cette soumission forcée me dégoûtent… nos aïeux, les anciens, nos grands-pères, nos pères, ont donné leur vie depuis des siècles pour chasser les envahisseurs successifs”, écrit encore l’ancienne actrice.
Autre passage visé par la plainte : “Nous voilà réduits à tirer une fierté politiquement correcte à nous mélanger, à brasser nos gênes, à faire allégeance de nos souches afin de laisser croiser à jamais nos descendances par des prédominances laïques ou religieuses fanatiquement issues de nos antagonismes les plus viscéraux”.
Pour le MRAP, “de tels propos renferment sans aucune équivoque une véritable provocation à la haine et à la discrimination raciale”.
En octobre 2001, la Cour de cassation avait déjà définitivement reconnu coupable Brigitte Bardot de provocation à la haine ou à la violence raciales pour un texte intitulé “Lettre ouverte à ma France perdue”.
Dans cet écrit, elle critiquait le nombre d’immigrés musulmans en France, leurs pratiques d’égorgement des moutons lors de l’Aïd-el-Kébir et le nombre de mosquées “pendant que nos clochers d’églises se taisent faute de curés”, se demandant si elle n’allait pas devoir quitter la France, faute d’y trouver “le respect et l’estime qui (lui) sont quotidiennement refusés”.
AFP – 5 mai 2004 - http://actu.voila.fr/Article/articl…5.ciwc8kx5.html
Mourad, poil à gratter du maire de Villemomble
L’agent d’entretien n’entretenait pas sa barbe. Le tribunal administratif de Cergy (95) va faire connaître « dans les prochains jours » son jugement dans le conflit qui oppose la mairie de Villemomble (93) à un ex-employé de la piscine municipale. Mourad Lamsanes, musulman, a été licencié début avril pour avoir refusé de tailler sa barbe. « Le port du masque de protection, indispensable pour manier le chlore, est incompatible avec une barbe fournie », fait valoir le maire (UMP) Patrice Calméjane. « L’expression d’une conviction religieuse ne peut être tolérée dans une piscine municipale ouverte à tous les publics », ajoute par ailleurs le maire. « Il s’agit d’un affichage ostensible de signe religieux », plaide l’avocat de la ville.
« M. Lamsanes est grosso modo maghrébin, porte grosso modo une barbe, est grosso modo musulman, donc c’est un terroriste », ironise Me Stéphane Maujendre, qui défend l’agent d’entretien. Son client se dit d’ailleurs victime de « racisme religieux ». « Il est clair que le masque employé est incompatible avec une barbe, reconnaît l’avocat. Mais il existe des cagoules, qui ont la même fonction et que M. Lamsanes n’a jamais refusé de porter », rétorque celui-ci.
20 minutes - Mercredi 19 mai 2004
Le domicile d’un responsable musulman vandalisé à Strasbourg
STRASBOURG (Reuters) - Des inscriptions néonazies ont été découvertes lundi matin près du domicile d’un membre du Conseil régional du culte musulman d’Alsace, a-t-on appris de source policière et préfectorale.
Une poubelle a également été incendiée contre le mur de sa maison, qui a été noirci. Les faits se seraient produits entre 06H00 et 06H30 du matin.
Alerté par l’odeur de la fumée, Aziz El Alaouani, qui habite une maison individuelle dans le quartier de Cronenbourg, est sorti et a découvert sur le mur des croix gammées ainsi que des inscriptions “Heil Hitler” et “Elsass Frei” (Alsace libre).
La police judiciaire a été saisie de l’enquête. Le sous-préfet de permanence, Jacques Witkowski, s’est entretenu avec Aziz El Alaouani pour lui exprimer sa solidarité.
“Nous lui avons exprimé notre totale réprobation et notre condamnation de ces faits”, a-il indiqué à Reuters, précisant avoir donné pour instruction à la police de mobiliser “tous les moyens nécessaires” pour mener à bien cette enquête.
Cette agression s’ajoute à une liste importante d’actions racistes visant les communautés musulmane et juive en Alsace depuis deux mois.
Des croix gammées ont été apposées courant avril sur plusieurs mosquées et autres lieux habités par des musulmans à Haguenau et Strasbourg, dans le Bas-Rhin. Ces actes étaient le plus souvent accompagnés de feux de poubelles.
Le 30 avril, des croix gammées et des slogans nazis étaient découverts dans le cimetière juif de Herrlisheim (Haut-Rhin) où 127 tombes étaient profanées.
Deux jours plus tard, un cimetière chrétien, à Niederhaslach (Bas-Rhin), était à son tour souillé par des symboles nazis.
Reuters – 31 mai 2004
Graffitis néo-nazis au collège
Dix graffitis racistes et néo-nazis ont été découverts hier sous le préau du collège du Nonnenbruch à Lutterbach. Une enquête pour apologie de crimes contre l’humanité a été ouverte.
Il était un peu plus de 7 h mardi matin quand l’agent chargé de l’entretien de ce collège qui accueille 640 élèves a donné l’alerte en découvrant sur les murs du préau et sur le sol une dizaine de tags. Réalisées avec des bombes de peinture bleue et noire, les inscriptions mesurant pour certaines 30 cm de haut et1 m de large étaient des slogans racistes anti-arabes, anti-noirs, et des slogans à la gloire de Hitler.
Des graffitis suffisamment scandaleux pour que, dans un contexte de multiplication d’actes racistes en Alsace, le sous-préfet de Mulhouse, Jean-Claude Fonta, le procureur de la République, Régis Delorme, le commandant de la compagnie de gendarmerie de Mulhouse, le capitaine Vincent, et le maire de Lutterbach, André Clad, se rendent sur place tandis que la principale, Fabienne Rusterholtz, effectuait une première information auprès des élèves (lire ci dessous).
La cellule Herrlisheim associée
« Il s’agit de tags de caractère nazi essentiellement à vocation raciste, pas antisémite », a précisé le procureur mulhousien, « ils ont été commis entre samedi et lundi, vraisemblablement lundi soir ». Evoquant une affaire voisine survenue ce week-end à Leimbach, près de Thann, et jugée le matin même à Mulhouse (lire plus bas), Regis Delorme a dénoncé « un phénomène de propagation depuis la profanation du cimetière juif d’Herrlisheim, un phénomène d’entraînement relativement inquiétant qui concerne un certain nombre de jeunes ».
L’enquête a été confiée aux gendarmes de Lutterbach, de la brigade de recherche de Mulhouse et de la brigade de recherche départementale de Colmar. Les techniciens d’investigation criminelle sont venus photographier les tags. « La cellule d’investigation constituée après Herrlisheim va travailler sur l’ensemble de ces faits », a encore précisé le procureur, « des études sont en cours pour savoir si des rapprochements concernant la peinture utilisée, les écritures ou les fautes, peuvent être réalisés », a t-il ajouté, bien que cette hypothèse ne soit pas, a priori, privilégiée.
Parallèlement donc, la gendarmerie a commencé une enquête de voisinage sur les allées et venues du week-end et une enquête au sein du collège pour identifier des jeunes ayant des problèmes disciplinaires ou professant des propos ouvertement racistes. L’apologie de crimes contre l’humanité expose les taggeurs à une peine maximale de cinq ans de prison.
Dernières nouvelles d’Alsace – 2 juin 2004
Inscriptions racistes dans un collège du Haut-Rhin: 2 adolescents arrêtés
Deux adolescents de 14 ans ont été placés en garde-à -vue jeudi dans l’enquête sur des inscriptions pro-nazies et racistes taguées au cours du week-end de la Pentecôte sous le préau d’un collège de Lutterbach, près de Mulhouse (Haut-Rhin), a-t-on appris auprès de la gendarmerie et du parquet de Mulhouse.
Les deux adolescents ont reconnu avoir inscrit les mots “Hitler on t’aime”, “Hitler nous t’attendons”, “les nègres au four”, “vive la France” ainsi qu’une croix gammée à l’aide de bombes de peinture noire et bleue.
Ils ont expliqué qu’ils étaient “racistes”, qu’il y avait “trop d’Arabes” dans leur collège, et qu’ils avait agi en réaction aux inscriptions “mort aux flics” taguées selon eux par ces mêmes Arabes, a précisé le parquet de Mulhouse.
Les deux jeunes ont également indiqué qu’ils avaient été inspirés par les nombreux incidents et inscriptions à caractère raciste qui se sont multipliés ces dernières semaines en Alsace, notamment la profanation de 127 tombes, le 30 avril dernier, dans le cimetière juif de Herrlisheim, près de Colmar.
Ils seront présentés vendredi au parquet des mineurs de Mulhouse qui va les poursuivre pour apologie de crime contre l’humanité et dégradation de bien public.
Un troisième adolescent, également arrêté jeudi, a été mis hors de cause.
AFP – 4 juin 2004
Trois tombes musulmanes détériorées dans un cimetière marseillais
Trois tombes musulmanes ont été dégradées dans un cimetière marseillais et des croix gammées, faites de gravillons, ont été laissées à proximité des sépultures, a-t-on appris mercredi de source policière. La profanation a été constatée vers 15h00 par le gardien du cimetière du Canet, dans le nord de Marseille. Des plaques commémoratives avaient également été brisées. Le dessin des croix gammées était erroné. Les tombes n’étaient pas dans un carré spécifiquement musulman mais réparties au milieu de tombes chrétiennes. Le préfet délégué à la sécurité Bernard Squarcini s’est rendu sur place en fin d’après-midi “afin d’exprimer l’émotion de l’Etat à l’égard de la communauté musulmane”, a indiqué la préfecture dans un communiqué. Le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a “condamné avec la plus grande fermeté”, ces actes “odieux et intolérables”, en disant “partager l’émotion de la communauté musulmane”. Dans un communiqué, M. Gaudin précise qu’il “suivra avec beaucoup d’attention le déroulement de l’enquête judiciaire” qui, “espère-t-il”, “permettra d’identifier et de punir sévèrement les responsables de ces actes honteux et barbares”.
France 3 – 9 juin 2004
Plusieurs dizaines de tombes musulmanes profanées à Strasbourg
Plusieurs dizaines de tombes musulmanes ont été profanées par des inscriptions néo-nazies dans la nuit de dimanche à lundi dans un cimetière de Strasbourg, a-t-on appris auprès de la police et du Conseil régional du culte musulman (CRCM). Les dégradations, des croix gammées et des inscriptions “HH” (pour “Heil Hitler” et “88″ (signe néo-nazi) ont été découvertes lundi matin dans le carré musulman du cimetière de la Meinau, au sud de l’agglomération strasbourgeoise. La communauté musulmane de Strasbourg a fait l’objet depuis début avril d’une série de dégradations et graffitis à caractère raciste: croix gammées et inscription “mort aux Arabes” sur un magasin d’alimentation tenu par un musulman, mosquées dégradées par des croix gammées et des tags racistes, entreprise de pompes funèbres musulmane profanée. La communauté juive d’Alsace a également été touchée à plusieurs reprises par des dégradations antisémites, notamment dans le cimetière juif d’Herrlisheim, près de Colmar, où 127 tombes ont été profanées fin avril.
AFP – 14 juin 2004
Tirs contre une mosquée près de Valenciennes
LILLE - Un impact de balle de gros calibre a été relevé vendredi matin dans la porte d’une mosquée d’Escaudain, près de Valenciennes (Nord), et deux autres dans une vitre, a-t-on appris de source policière.
C’est l’imam de la mosquée qui a découvert, en arrivant en ce jour de prière pour les musulmans, les impacts de balles et des injures à caractère raciste peintes sur un mur de l’édifice.
Des voisins ont dit aux policiers avoir entendu vers 1h00 du matin des bruits ressemblant à des coups de feu puis le démarrage en trombe d’une voiture.
Dans un communiqué publié vendredi matin, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) a exigé “des sanctions” contre les responsables de tels actes.
Le Mrap rappelle que cet acte n’est pas isolé mais que depuis plusieurs semaines des cimetières et des lieux de culte ont été pris pour cible.
Samedi dernier, la mosquée de Lens, dans le Pas-de-Calais, avait été souillée par des inscriptions xénophobes.
Libération – 18 juin 2004
Des inscriptions racistes et une croix gammée taguées sur la mosquée de Lens
Une croix gammée et des inscriptions racistes faisant référence à Hitler ont été taguées le week-end dernier sur la mosquée de Lens (Pas-de-Calais).
France 3 – 17 juin 2004
A Saint-Claude, le maire cherche des têtes de Turcs
Dans une lettre adressée à Sarkozy, l’édile se plaignait de mille maux attribués aux immigrés. Ses élucubrations rendues publiques, il est poursuivi par SOS Racisme.
Pour un peu, il ne se serait rien passé à Saint-Claude, sous-préfecture du Jura, 12 798 habitants, dont, selon les comptes de la préfecture, 2 643 étrangers au 31 mars 2004. A peine un incident sur une lettre «contestable sur la forme mais pas sur le fond», dit son auteur, Jean-Louis Millet, maire de la ville et tête de la liste de Philippe de Villiers pour l’Est aux élections européennes du 13 juin. Les affiches du «vicomte» et de son «Non à la Turquie à l’Europe» fleurissent sur les routes du Jura.
«Prêts à 0 %». Jean-Louis Millet avait adressé le courrier le 1er octobre dernier au ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, avec copies en préfecture et en sous-préfecture. L’édile y lançait «un cri d’alarme face à l’afflux continuel et numériquement important de nouveaux arrivants d’origine turque et musulmane». Il accusait la communauté turque d’entretenir «une économie souterraine criminelle reposant sur le trafic de drogue». Pour faire bonne mesure, il signalait que cette communauté tentait d’acquérir «tout ce qui peut se vendre dans la ville, colonisant littéralement la cité», grâce, notamment, à des «prêts à 0 %», concédés par le gouvernement turc «via les mosquées».
«J’ai voulu réveiller le ministre sur la question de l’immigration, se justifie aujourd’hui Jean-Louis Millet. Il faut dénoncer l’incurie des politiques de droite comme de gauche qui ont refusé de traiter l’immigration autrement que par la démagogie. On est ridicule quand on n’est pas capable d’expulser définitivement l’imam de Vénissieux.» Sa missive n’était qu’un «cri d’alarme» censé rester «confidentiel». «Mon courrier a été clandestinement intercepté par une personne qui voulait créer du désordre public», s’insurge Jean-Louis Millet qui a porté plainte. Sa lettre a circulé sous le manteau à Saint-Claude, sur des sites Internet, avant d’atterrir dans la boîte aux lettres de l’association franco-turque de Saint-Claude, qui regroupe six cents adhérents de la région. «Cette lettre a résonné comme une insulte, raconte Mustafa Ozer, vice-président de l’association. Avec trois autres membres, on est allés demander au maire pourquoi il l’avait écrite. Il nous a dit que des gens étaient venus lui parler du prêt à taux zéro. Il s’est excusé. On lui a répondu que ça ne suffisait pas.»
Le 26 mars, le maire s’est rendu à la mosquée pour s’expliquer publiquement, en présence du consul de Turquie, qui a qualifié les prêts à taux zéro de «pure invention». «J’ai formulé des regrets», affirme Millet qui s’est justifié dans une lettre au président de l’association. «Votre communauté estimant être injustement stigmatisée a pu légitimement se sentir blessée, écrit-t-il. Il est évident que nombre d’impératifs tenant au respect des règles et modes de vie de la France sont incontournables. C’est une question de politesse élémentaire vis-à -vis des traditions de la terre d’accueil que de faire obligation naturelle à tout individu séjournant dans une autre nation de se conformer aux usages du pays dont il est l’hôte.» Le maire martèle dans son bureau : «Dans une mosquée, je me déchausse ; si je vais dans un pays où il faut mettre une djellaba, je le ferai.»
Relogement. «Avec cette logique, ce sont les Turcs honnêtes qui sont obligés de se justifier», analyse Francis Lahaut, l’ancien maire communiste de Saint-Claude, battu par Millet en 2001. En 1997, Lahaut a fait voter la destruction des vieilles cités d’urgence de la Patience et le relogement des locataires majoritairement turcs dans des conditions plus décentes. «On disait de moi que j’aimais trop les étrangers. Si on remonte dans l’histoire de Saint-Claude, on est pourtant tous des étrangers. Il y a les Italiens. Puis sont venus les Espagnols, les Portugais, les Maghrébins, les Turcs et les Laotiens.»
En vingt ans d’existence dans le Jura, SOS Racisme n’avait jamais été confronté à une telle lettre. «On a eu des discriminations au logement. Mais jamais de tels écrits pensés par un élu. Au début, on a cru à une provocation», explique Patrick Neitz, responsable départemental du mouvement. SOS Racisme a porté plainte pour «injure publique à caractère raciste, incitation publique à la haine raciale et diffamation publique à caractère raciste». «Tu prends la lettre, tu enlèves le mot turc, tu mets le mot juif à la place et tu tombes dans la pire période de notre histoire», dit encore Patrick Neitz.
Pour le maire de Saint-Claude, il n’y a pas de hasard dans le calendrier de la plainte de SOS Racisme. Selon lui, c’était la semaine où il a dévoilé sa candidature aux élections européennes : «SOS Racisme est arrivé après la bataille. Désormais, on bosse ensemble avec la communauté turque, on a un programme de travail et de réunions. On est très constructifs.»
Aujourd’hui, deux pétitions circulent. Celle des citoyens «qui refusent d’être associés à des propos racistes» affiche environ 600 signatures, tandis que l’autre liste en faveur de Jean-Louis Millet revendique «2 000 supporteurs, dont vingt commerçants». «Je me suis fait l’écho des questions des gens de la rue», affirme le maire. «C’est toujours la même histoire, tempête Lakhdar, un pilier de SOS Racisme dans le Jura. Avant, on critiquait les immigrés qui envoyaient leur argent au bled ; maintenant on leur reproche d’investir en France.» Emrullah Turcel est secrétaire de l’association franco-turque : «Les Turcs réussissent car ils bossent. Avant, ils envoyaient leurs sous en Turquie ou les mettaient sous leur matelas. La deuxième génération, c’est-à -dire nous, investit ici. Nos parents nous donnent leur argent pour acheter des maisons. Les gens voient arriver des biffetons, ils se disent que c’est l’argent de la drogue. Moi, dans les années 80, j’allais à l’école dans un vieux jeans rapiécé parce que ma famille économisait. Quand je me suis marié, je suis resté chez mes parents qui m’ont ensuite aidé pour devenir propriétaire.» Un commerçant turc se désole : «Je travaille de 10 h 30 à 1 h du matin. Pour refaire mon commerce, j’ai acheté ici, ça fait bosser les commerces, les usines. Il faudrait mieux que j’achète en Turquie ?»
Marché. «A Saint-Claude, le marché du samedi ne fonctionnerait pas sans la clientèle immigrée», estime Pierre Gresset, instituteur. Il s’est fendu d’une tribune libre dans un journal local «pour donner une bonne image de sa ville, où il fait bon vivre, et qui s’est faite grâce aux immigrations successives». Au passage, il énonce quelques questions passées sous silence par le maire : «Les Français acceptent-ils facilement les travaux postés à basse qualification ? Qui occupe les travaux très pénibles dans le bâtiment ?» A la sortie de l’école, Pierre Gresset «voit des parents lui dire : “Regarde les Turcs, ils roulent en 4 x 4″. Je leur réponds : “Tu voudrais qu’ils circulent avec un âne et une charrette ?”»
Dans l’artère principale de Saint-Claude, un commerçant d’origine turque a racheté, l’année dernière, la pâtisserie la Bonbonnière, une institution locale qu’il a rebaptisée «salon de thé Istanbul». Jean-Louis Millet aurait souhaité qu’il l’appelle autrement. «Pourquoi pas la pâtisserie du Mont-Bayard ?», avance-t-il en référence à la hauteur qui domine la ville. Le candidat villiériste aurait trouvé qu’il y aurait eu là «un effort d’intégration». Jacky DURAND
Libération – 11 juin 2004
Environ 50 tombes musulmanes profanées au cimetière militaire de Haguenau
STRASBOURG (AFP) - Une cinquantaine de tombes musulmanes ont été profanées dans la nuit de mercredi à jeudi dans le cimetière militaire de Haguenau (Bas-Rhin), a-t-on appris auprès de la police.
Aucune indication n’a pu être immédiatement obtenue sur la nature des dégradations commises, la police se contentant d’indiquer que les tombes étaient celles de “soldats musulmans”.
Des locaux de la communauté musulmane de Strasbourg ont fait l’objet depuis début avril d’une série de dégradations et graffitis à caractère raciste : croix gammées et inscription “mort aux Arabes” sur un magasin d’alimentation tenu par un musulman, mosquées dégradées par des croix gammées et des tags racistes, entreprise de pompes funèbres musulmane profanée.
Une cinquantaine de tombes musulmanes avaient déjà été profanées par des inscriptions néo-nazies dans la nuit du 13 au 14 juin dans un cimetière de Strasbourg.
La communauté juive d’Alsace a également été touchée à plusieurs reprises et des dégradations ont été commises, notamment dans le cimetière juif d’Herrlisheim, près de Colmar, où 127 tombes ont été profanées fin avril.
AFP – 24 juin 2004
La mosquée de Nanterre recouverte d’inscriptions xénophobes
NANTERRE (AFP - 22:38) - La mosquée de Nanterre (Hauts-de-Seine) a été recouverte d’inscriptions xénophobes dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé dimanche la préfecture des Hauts-de-Seine.
Selon la préfecture, c’est dimanche matin que les policiers du commissariat ont relevé trois inscriptions de 6 m sur 2,50 m, tracées à l’aide d’une bombe de peinture sur le mur de l’édifice religieux.
“Partez de la même façon que nous avons quitté l’Algérie” ou “Le Pen : la solution”, ont ainsi relevé les policiers sur le mur de la mosquée.
Ce nouvel acte xénophobe intervient après une série d’actes qui ont récemment visé la communauté musulmane, comme la profanation (inscriptions racistes, croix gammées et sigles nazis tracés à l’encre rouge) d’une cinquantaine de tombes musulmanes au cimetière militaire de Haguenau (Bas-Rhin), après celle d’une cinquantaine de tombes musulmanes dans un cimetière de Strasbourg, ou encore des coups de feu tirés et croix gammées dessinées contre la mosquée d’Escaudain, près de Valenciennes (Nord) et des inscriptions racistes taguées sur la mosquée de Lens (Pas-de-Calais).
Vendredi, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Economie et président UMP du conseil général des Hauts-de-Seine, avait effectué une visite à la mosquée de Nanterre pour réaffirmer le lien qui existe entre la République française et l’islam.
La communauté musulmane de Nanterre, contacté par l’AFP, n’a pas manqué de faire lien entre cette inscription et la visite du ministre. “C’est la première fois que cela se produit et la mosquée est vraiment un endroit très tranquille”, a souligné Ouassua Hamchoui, proche du recteur.
“Nous sommes très étonnés et blessés par cet acte. C’est sans doute une réaction après la visite du ministre”, a-t-elle ajouté.
Interrogé par l’AFP, M. Sarkozy a affirmé qu’aucun lien ne pouvait être effectué entre “ces tags racistes et xénophobes et la venue d’une personnalité” telle que lui.
Lors d’une allocution dimanche à la synagogue d’Issy-les-Moulineaux, le ministre a comparé les actes antisémites avec les inscriptions xénophobes sur la façade de la mosquée de Nanterre.
“Il n’y a rien qui ne ressemble plus à un acte antisémite qu’un acte raciste et xénophobe. On ne peut pas les accepter. Il faut les regarder en face et les combattre “, a-t-il déclaré.
L’Express – 27 juin 2004
Attaque de la mosquée de Vigneux (91)
Jeudi 1 Juillet 2004
Communiqué de l’ACMV
L’ACMV (association culturelle musulmane de Vigneux) s’associe à L’AJV (association des jeunes vigneusiens) pour dénoncer avec vigueur l’attaque et l’acte de vandalisme perpétré, dans l’après-midi du 28 juin 2004, au sein du siège de ces dernières, qui constitue un lieu de culte et de travail.
En effet, nos locaux ont fait l’objet de dégradations, par projection sur la moquette du sol et de la tapisserie murale, ainsi que sur les sanitaires, de produits de couleur noirâtre, et d’une forte odeur de liquide inflammable.
L’auteur de cet acte odieux a été surpris en flagrant délit par l’une des trois jeunes filles faisant partie de l’association des jeunes vigneusiens qui se trouvaient dans le bureau avoisinant les deux salles de prières. L’individu en question a immédiatement pris la fuite. La police alertée, s’est rendue sur les lieux pour constater les faits.
Quel que soit le motif, acte islamophobe ou acte isolé, l’ACMV et l’AJV, avec l’ensemble de la communauté musulmane de vigneux, expriment leur inquiétude et leur indignation face à de tels agissements à l’encontre de lieux de cultes supposés êtres sacrés.
Nous alertons les pouvoirs publics sur la gravité de la situation devant la multiplication de tels actes.
Par la même occasion, nous tenons à saluer la réaction du maire de la ville de vigneux, qui s’est déplacé sur les lieux, pour nous exprimer son soutien sans faille.
Le président
Ould Mohamed Ezdine
Vigneux le 29 juin 2004
Saphirinfo – Juin 2004
Recrudescence des actes anti-musulmans
Une recrudescence d’actes racistes visant la communauté musulmane a été enregistrée au mois de juin, particulièrement dans le Nord et l’Est. Voici un point sur ces actes.
Lens, le 12 juin
Une croix gammée et des inscriptions racistes faisant référence à Hitler ont été taguées le week-end du 12-13 juin sur la mosquée de Lens (Pas-de-Calais). Les inscriptions, “Mort aux islamistes” et “Hitler vous aurez (sic) gazés, vive la race pure SS 881488″, ont été découvertes sur un mur extérieur de la mosquée, gérée par une association marocaine. Les inscriptions, s’étalant sur une dizaine de mètres, ont été tracées à l’aide d’une bombe de couleur noire ainsi qu’une croix gammée au-dessus de la porte d’entrée. Elles ont été nettoyées depuis.
Strasbourg, le 13 juin
Plusieurs dizaines de tombes musulmanes ont été profanées par des inscriptions néo-nazies dans la nuit du 13 au 14 juin dans un cimetière de Strasbourg. Les dégradations, des croix gammées et des inscriptions “HH” (pour “Heil Hitler” et “88″ (signe néo-nazi voulant dire HH, h étant la 8e lettre de l’alphabet) ont été découvertes dans le carré musulman du cimetière de la Meinau, au sud de l’agglomération strasbourgeoise.
Marseille, le 9 juin
Trois tombes musulmanes ont été dégradées le 9 juin dans un cimetière marseillais et des croix gammées, faites de gravillons, laissées à proximité des sépultures. La profanation a été constatée par le gardien du cimetière du Canet, dans le nord de Marseille. Des plaques commémoratives avaient également été brisées. Le dessin des croix gammées était erroné. Les tombes n’étaient pas dans un carré spécifiquement musulman mais réparties au milieu de tombes chrétiennes.
Lutterbach (Haut-Rhin), le 1er juin
Deux adolescents de 14 ans, accusés d’avoir tagué des inscriptions racistes et pro-nazies le 1er juin sous le préau d’un collège de Lutterbach (Haut-Rhin) ont été mis en examen le 4 juin par le juge des enfants de Mulhouse notamment pour apologie de crime contre l’humanité. Les deux adolescents ont reconnu avoir inscrit au cours du week-end de la Pentecôte les mots “Hitler on t’aime”, “Hitler nous t’attendons”, “les nègres au four”, “vive la France” ainsi qu’une croix gammée à l’aide de bombes de peinture noire et bleue.
http://archquo.nouvelobs.com/cgi/id…&debut=20040605
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Inscriptions nazies près d’un lieu de culte musulman en Alsace
STRASBOURG - Une croix gammée et un signe “SS” ont été découverts à proximité d’une salle de prière musulmane du quartier de Cronenbourg à Strasbourg, apprend-on auprès des services de police.
Les inscriptions seraient anciennes, selon la police, qui explique leur signalement récent par le “contexte” actuel en Alsace.
Depuis le mois d’avril, plus d’une dizaine de lieux de culte et de cimetières de la région ont été visés par des inscriptions à caractère nazi. Les profanations ont touché majoritairement des symboles musulmans, mais aussi le cimetière juif de Herrlisheim (Haut-Rhin) ou le cimetière chrétien de Niederhaslach (Bas-Rhin).
Libération – 20 juillet 2004 - http://www.liberation.fr/page.php?Article=224978
A Creil, sept filles voilées à la porte du bowling
Cinq ont déposé plainte pour discrimination liée à un caractère religieux. La direction assure qu’elles peuvent désormais entrer.
Comme un retour aux sources pour le voile islamique. Quinze ans après l’affaire du foulard de Creil, où pour la première fois en France trois collégiennes avaient été exclues de leur établissement, l’étoffe fait de nouveau parler d’elle dans l’agglomération creilloise. Mais au bowling de Saint-Maximin, cette fois. A seulement quelques centaines de mètres du collège qui avait défrayé la chronique en 1989, sept musulmanes âgées de 18 à 26 ans s’en sont fait interdire l’entrée, ce week-end.
«Les couvre-chefs sont interdits ici, si vous voulez entrer, vous enlevez votre voile», les aurait prévenues le vigile en les voyant arriver sur le parking. Refus catégorique des jeunes femmes, qui demandent à parler à un responsable. Mais malgré l’intervention en direct du Collectif contre l’islamophobie en France, qui téléphone au bowling, les sept jeunes filles ne peuvent franchir la porte d’entrée.
«C’est stipulé sur un panneau que nous n’acceptons pas les personnes en short, en jogging ou avec une casquette, se justifie le directeur de l’établissement. Nous sommes en droit de sélectionner notre clientèle par rapport à sa tenue et nous ne le faisons pas en fonction de signes religieux.»
Parmi les sept musulmanes, deux étaient d’ailleurs déjà venues jouer voilées à ce même endroit dans un passé récent. «Je n’avais eu aucun problème, se souvient Leïla Louati, une Creilloise de 26 ans. Mais, ce jour-là , il n’y avait personne dans le bowling alors que, vendredi, il y avait beaucoup de monde. J’ai eu l’impression que cela les gênait vis-à -vis de leur clientèle.»
Le directeur confirme à demi-mot cette analyse: «Nous avons un règlement intérieur qui tient compte des tenues vestimentaires et c’est une manière pour nous de filtrer la clientèle “néfaste” par rapport aux gens qui nous font gagner de l’argent. Mais nous connaissons la loi et nous savons que nous n’avons pas le droit d’interdire l’entrée à cause d’un signe religieux. Il n’y a eu aucune discrimination. On a des employés qui sont musulmans, d’autres qui ne le sont pas et, de toute façon, ce n’est pas dans notre intérêt de refuser du monde pour n’importe quel motif.»
Cinq des sept jeunes femmes ont malgré tout déposé plainte dès vendredi après-midi à la gendarmerie de Creil pour discrimination liée à un caractère religieux. Des militaires se sont déplacés au bowling samedi matin mais les responsables des lieux les avaient informés dès la veille que les clientes voilées seraient autorisées à jouer si elles se présentaient à nouveau à l’entrée. Le parquet du tribunal de Senlis pourrait donc passer l’éponge sur cette «maladresse».
Avant de décider s’ils engagent ou non des poursuites judiciaires, les magistrats préfèrent toutefois attendre les conclusions de l’enquête de gendarmerie.
Leïla Louati semble, de son côté, déterminée : «Je ne laisserai pas tomber cette histoire, il faut que tout le monde comprenne que c’est contraire à la loi, s’emporte la jeune femme, soutenue par le Collectif contre l’islamophobie en France. On va se constituer partie civile pour que l’enquête ne s’arrête pas.» L’envie d’en découdre.
Libération – 20 juillet 2004 - http://www.liberation.fr/page.php?Article=224908
Des slogans nazis découverts dans la Somme
Plusieurs inscriptions racistes ont été découvertes mardi dans des communes de la Somme.
Des croix gammées, l’inscription “Hitler” et des slogans xénophobes ont été tracées à la peinture dans la nuit de lundi à mardi, notamment sur des murs et des panneaux, dans un rayon d’une quinzaine de kms autour de la commune de Doullens.
Un supermarché de Doullens a notamment été visé. Le mur d’une propriété privée et des panneaux de signalisation ont été tagués à Gézaincourt, Hem-Hardinval et Bretel. Le slogan “White power” (Pouvoir blanc) a été inscrit sur la salle de sport de Bouquemaison.
Les enquêteurs privilégiaient mardi la piste d’un groupe de jeunes délinquants de la région.
Des croix gammées avaient déjà été taguées il y a une quinzaine de jours dans la région.
France 3 – 30 juillet 2004 - http://www.nord.france3.fr/info/3489534-fr.php
France: quinze tombes militaires musulmanes profanées à Strasbourg
PARIS (AFP - 11:34) - Quinze stèles de tombes musulmanes “ont été souillées par des inscriptions et des graffitis” dans le cimetière militaire du quartier Cronenbourg à Strasbourg dans la nuit de jeudi à vendredi, a annoncé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
Les dégradations et graffitis à caractère raciste et antisémite se sont multipliés ces derniers mois en Alsace.
Le ministre de l’Intérieur Dominique de Villepin “condamne avec la plus grande fermeté les profanations commises la nuit dernière sur des tombes musulmanes du cimetière militaire du quartier Cronenbourg à Strasbourg, où quinze stèles ont été souillées par des inscriptions et des graffitis”, selon le communiqué.
“D’ores et déjà , tous les moyens sont mobilisés pour identifier et poursuivre les auteurs de cet acte d’une particulière gravité”, poursuit le ministère. Le préfet de la Région Alsace doit se rendre sur les lieux.
“Le ministre exprime sa solidarité à l’égard de la communauté musulmane et des associations des anciens combattants touchés par ce nouvel acte de vandalisme”, selon le texte.
Déjà , il y a un mois et demi, des croix gammées et autres signes néo-nazis avaient été découverts sur une cinquantaine de tombes musulmanes d’un cimetière militaire, à Haguenau, en Alsace
La profanation concernait des sépultures de soldats morts pour la France, pour la plupart des tirailleurs marocains tombés lors de la libération de l’Alsace entre décembre 1944 et février 1945. Cinquante-cinq stèles au total ont été dégradées : sept ont été renversées et 48 ont été souillées à la peinture rouge de croix gammées, de croix celtiques, de signes “SS” ou de l’inscription “HVE junior”.
Cette dernière inscription fait référence à l’Association patriotique alsacienne (”Heimattreue Vereinigung Elsass”, HVE), un groupuscule clandestin dissous en septembre 1993 en raison de ses liens avec des organisations néo-nazies européennes, notamment un mouvement allemand.
06/08/2004 – l’Express - http://www.lexpress.fr/info/infojou…0806093714&1134
Trois tombes musulmanes taguées dans un cimetière de l’Yonne
DIJON (AP) — Trois tombes du carré musulman du cimetière de Migennes (Yonne) ont été profanées dans la nuit de dimanche à lundi, a-t-on appris mardi auprès de la préfecture de l’Yonne. Des individus ont tracé sur celles-ci des graffitis néo-nazis, des croix gammées et des sigles SS à la peinture blanche.
Ce cimetière, dont le carré musulman compte 18 tombes, avait déjà fait l’objet de profanations une semaine auparavant, le 2 août. Quarante-huit tombes avaient alors été vandalisées: plaques brisées, pierres tombales renversées et canettes de bière jonchant les allées. Les deux auteurs présumés de ces faits ont été interpellés et écroués le 5 août.
Cette fois, «la concomitance nous laisse à penser qu’il s’agit davantage de faits crapuleux que d’actes délibérément xénophobes», a expliqué Frédéric Périssat, secrétaire général de la préfecture de l’Yonne. «Nous sommes assez circonspects et étudions toutes les pistes». L’enquête a été confiée au commissariat de Migennes. AP
10 août 2004 – Le Nouvel Observateur -
” Phineas ” bientôt mis en examen
[…]” Il est méthodique, structuré, et se déclare ouvertement et viscéralement anti-arabe, a déclaré Xavier Richaud. Il avait le sentiment d’un envahissement et voulait réveiller la conscience des mouvements néo-nazis et les inciter à agir à leur tour. ” Constatant que l’agression de Villeurbanne, commise le 5 août, n’avait eu aucun retentissement, Michaël Tronchon aurait décidé de profaner le cimetière juif de Lyon, le 9 août, pour susciter davantage d’articles de presse.[…]
L’Humanité – 17 août 2004 –
http://www.humanite.presse.fr/journal/2004-08-17/2004-08-17-398896
La dernière victime de Phineas identifiée
Phineas n’avait pas menti. Avant de se rendre aux policiers de la Goutte-d’Or à Paris, celui qui avait attaqué un homme maghrébin puis profané un cimetière juif à Lyon a aussi agressé un musulman dans la capitale, vendredi, à coups de hachette. Les enquêteurs en ont d’abord douté, ne retrouvant aucune victime. Mais la police judiciaire parisienne a épluché les sorties des sapeurs-pompiers et retrouvé une intervention correspondant à la date et au lieu mentionnés par Michael T. Vendredi 13, veille de sa reddition, le garçon a traîné autour de la gare de Lyon, avec l’intention délibérée d’attaquer «un musulman», son seul critère d’après les déclarations qu’il a faites. Vers 23 h 30, selon le parquet de Paris, il a choisi un homme portant barbe et djellaba. Il l’a suivi rue de Charenton, avec l’intention de lui «fendre le crâne en deux».
Libération – 20 août 2004 - http://www.liberation.fr/page.php?Article=232104
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Appel au meurtre contre le président du CRCM d’Alsace
Le président du Conseil régional du culte musulman d’Alsace, Abdelhaq Nabaoui, a été la cible d’un appel au meurtre dimanche, deux mois après avoir déjà été l’objet de menaces de mort.
L e président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) d’Alsace, Abdelhaq Nabaoui, a été la cible d’un appel au meurtre dimanche, deux mois après avoir déjà été l’objet de menaces de mort, a-t-on appris lundi auprès de l’intéressé.
L’inscription “A mort Nabaoui” ainsi qu’”une grande croix gammée” ont été tracées sur la façade du cabinet médical de l’épouse de M. Nabaoui, situé dans un quartier périphérique de Strasbourg.
M. Nabaoui avait déjà été l’objet d’un appel au meurtre en juin lorsque plus de cinquante tombes musulmanes avaient été profanées par des inscriptions néo-nazies dans le cimetière de la Meinau à Strasbourg.
“A mort Nabaoui” avait été inscrit sur un mur placé derrière des tombes profanées, accompagné des inscriptions “Sieg Heil”, “quitter (sic) l’Alsace”, “race blanche”, “white power” et “Adolf”. Un graffiti visait également le président du Conseil régional d’Alsace Adrien Zeller (UMP).
“Il n’y a pas de sécurité”
“C’est la deuxième fois qu’ils me menacent. Mais il ne faut pas tomber dans le piège d’avoir peur et de vouloir quitter le pays”, a déclaré M. Nabaoui, qui a porté plainte et reçu des messages de solidarité, notamment du ministère de l’Intérieur et du président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur.
“Cela devient insupportable, il n’y a pas de sécurité. Ce que je demande, c’est des choses concrètes face à cette montée catastrophique d’actes racistes et antisémites”, a ajouté M. Nabaoui, qui ne souhaitait pas alerter les médias pour ne pas faire de “publicité à des criminels”.
L’information a été révélée par une lettre de M. Boubakeur adressée lundi à la présidence du CRCM.
Les actes racistes à l’encontre des communautés musulmane et juive, dont une série de profanations de cimetières, se sont multipliés ces derniers mois en Alsace.
La dernière profanation avait visé début août quinze tombes musulmanes du cimetière militaire de Strasbourg-Cronenbourg souillées par des inscriptions néo-nazies.
Le Nouvel Observateur – 24 août 2004 -