La chasse aux « musulmans radicaux » est bonne
Jeudi 29 juin 2006• 47 salles de prières musulmanes ont été contrôlées
• 473 commerces tenus par des entrepreneurs musulmans ont été contrôlés
• 85 cafés et points phone gérés par des acteurs économiques musulmans ont été contrôlésÂ
Ces cibles sont toutes soupçonnées d’être « susceptibles de servir de lieux de financement ou de prosélytisme » musulman. Entendons, des lieux au service du mouvement Salafiste ou du mouvement Tabligh.
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La France de « l’islam harcelé »
En janvier 2005, à la création des « Pôles régionaux de lutte contre l’islam radical », l’objectif était dans la dénomination. Mais le mode d’action était inconnu. L’article de Piotr Smolar nous apporte quelques indices : en une année, 276 mesures judiciaires ont été prises, 310 décisions administratives aussi ; des mesures d’éloignement du territoire, des interdictions d’activité etc. On apprend même que 55 de ces sanctions ont déjà été exécutées.
Mais ce n’est pas tout. Car, au cours de la même année, les services du fisc, les services d’hygiène, chargés du contrôle sanitaire, ont spécialement diligenté 283 procédures à l’encontre des mêmes cibles, ces fidèles de « l’islam radical ». On finit par se demander s’il n’y a pas acharnement de nos services sur une catégorie spécifiée de citoyens.Â
Analysons ces données en prenant la base syndicale de 254 jours ouvrés en 2005. Ce qui fait environ 36,3 semaines. D’où le bilan ci-dessus s’exprime comme suit :
• 605 lieux musulmans contrôlés par les « Pôle régionaux de lutte contre l’islam radical » en 2005. Ce qui fait une moyenne de 17 contrôles par semaine.
• 586 mesures judiciaires et décisions contre des gestionnaires de lieux musulmans en 2005. Ce qui fait une moyenne de 16 sanctions par semaine.
Ces visites et sanctions s’ajoutent au travail de contrôle ordinaire des services réguliers de l’Etat. L’on peut donc légitimement se demander si l’islam n’est pas une religion harcelée en France. Selon M. Milhos, directeur central des RG, « l’objectif est de déstabiliser l’islam radical très en amont, sans perturber l’action des services dans le cadre de la lutte antiterroriste ni interférer avec l’islam républicain. »
M. Milhos ne définit pas « l’islam républicain ». Et le musulman francophone aimerait savoir ce qu’est « l’islam radical ». Car il reste dans nos souvenirs que, lors du débat sur la loi antifoulard, une certaine commission nous a expliqué que la « musulmane radicale » était une jeune fille « enhijabée » et manipulée qui menaçait l’Etat français laïc. Cette musulmane était « radicale » parce qu’elle refusait de troquer son fichu sur la tête pour une « main de fatma » à son cou. Mais à ce jour, « l’islam radical » comme « l’islam républicain » sont des notions qui restent à préciser en complément de l’islam sunnite et de l’islam shiite.
Par contre, du bilan de l’année 2005, rendu public par les Services, il nous est permis de penser que nous sommes entrés dans l’ère de «l’islam harcelé » en France. C’est un islam dont les fidèles sont dans le collimateur des services de l’Etat. A ce titre, ses acteurs économiques et sociaux bénéficient officiellement d’un régime particulièrement intense de contrôles et de sanctions.
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) dont la charge est de s’occuper des affaires de culte musulman, apparaît aujourd’hui comme une imposture géante dans laquelle la communauté nationale se trouve honteusement piégée. Décrédibilisé par ses errements politico-judiciaires, le CFCM fait l’effet d’un pantin désarticulé que quelques ministres marionnettistes ont cessé de faire bouger.
Pendant ce temps, froidement et silencieusement, la liste des victimes de la loi antifoulard s’allonge, année après année. Exclues du système officiel, les jeunes filles qui ont les moyens de payer, font le bonheur des promoteurs d’établissements secondaires privés qui affichent leur label islamique. C’est là un moindre mal dira-t-on.
Mardi 18 avril 2006
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