Archive pour la catégorie 'Discrimination'

Entrée interdite aux chiens et aux femmes voilées dans une plage privée de Casablanca

Mardi 4 juillet 2006
Lundi 04 Juillet 2005

Cela devait arriver : à force de singer l’une des deux anciennes puissances coloniales (1), le Maroc se devait de contribuer dignement à l’hystérie franco-turque contre les femmes voilées. C’est bien évidemment le modèle français qui aura été une source d’inspiration - il est en effet une constante du mimétisme que le modèle que l’on se cherche est un modèle lointain, et en l’occurence, les Turcs sont sans doute trop basanés et portent des noms trop similaires pour pouvoir apporter la distance culturelle nécessaire…Ainsi, les co-propriétaires de la plage privée Tahiti sise au boulevard de la Corniche à Aïn Diab, sur la côte casablancaise, Nacer Alami et Saad Benkirane (j’ai lu et relu, ce n’est pas Nicolas et Serge, ou Ned et Sam, mais bien Nabil et Saad - nul doute qu’un rectificatif à l’état-civil de ces héros du jour est imminente) ont décidé d’interdire l’entrée de leur piscine privée aux femmes voilées (exception faite des femmes de ménage sans doute - mais elles ne comptent pas, elles). Pour l’heure, on ne sait pas si la dégustation de jambons-beurres sera rendue obligatoire pour les visisteurs, ni si l’entrée sera interdite à ceux ne justifiant pas d’un taux d’alcoolémie suffisant - quant à installer des pages arrachées du Coran en lieu et place des rouleaux de papier toilette, sur le modèle guantanamien, ou recruter Philippe Servaty (2) en tant que garçon de cabine, Nicolas Alami et Serge Benkirane gardent là-dessus un silence pudique.

Bravo ! La joie de vivre, la liberté, l’individualisme et le respect de l’individu s’en trouvent sensiblement renforcés au Maroc. On attend désormais que l’entrée de femmes non-voilées soit interdite à Aswak Salam (3), histoire que l’on ne reste qu’entre soi, et que nul ne soit confronté à la fréquentation de concitoyens différents de soi-même.

Par contre, ceux qui s’attendraient à un esclandre médiatique (du moins dans la presse francophone marocaine) contre Serge et Nicolas devront sans aucun doute déchanter : chacun sait que l’intolérance n’existe que dans le chef de barbus et de femmes voilées, décrocher un bac à Lyautey ou Descartes (4) ou boire quotidiennement de la Heineken suffisant à eux seuls à garantir humanisme et ouverture d’esprit…Bien évidemment, la patrie aurait été déclarée en danger (elle l’est d’ailleurs assez souvent ces jours-ci…) si une femme non-voilée eut été refoulée de quelque plage, piscine ou autre lieu de villégiature que ce soit…

On espère pour Serge et Nicolas que leur dévouement à “la cause” leur vaudra force champagne et petits-fours au prochain quatorze juillet du consulat de France à Casablanca…et qui sait, si un demeuré s’avisait de leur livrer de vive voix le fond de sa pensée, leur statut passerait immédiatement à celui de martyrs de la modernité dignes d’un bon petit reportage de derrière les fagots à “Envoyé spécial” ou dans “Le Point”, un peu sur le modèle d’Anas Jazouli, martyr virtuel de “Miss Maroc” (5)…

 

 

 

Source : minorites.org

http://www.oumma.com/article.php3?id_article=1607

Cela devait arriver : à force de singer l’une des deux anciennes puissances coloniales (1), le Maroc se devait de contribuer dignement à l’hystérie franco-turque contre les femmes voilées. C’est bien évidemment le modèle français qui aura été une source d’inspiration - il est en effet une constante du mimétisme que le modèle que l’on se cherche est un modèle lointain, et en l’occurence, les Turcs sont sans doute trop basanés et portent des noms trop similaires pour pouvoir apporter la distance culturelle nécessaire…Ainsi, les co-propriétaires de la plage privée Tahiti sise au boulevard de la Corniche à Aïn Diab, sur la côte casablancaise, Nacer Alami et Saad Benkirane (j’ai lu et relu, ce n’est pas Nicolas et Serge, ou Ned et Sam, mais bien Nabil et Saad - nul doute qu’un rectificatif à l’état-civil de ces héros du jour est imminente) ont décidé d’interdire l’entrée de leur piscine privée aux femmes voilées (exception faite des femmes de ménage sans doute - mais elles ne comptent pas, elles). Pour l’heure, on ne sait pas si la dégustation de jambons-beurres sera rendue obligatoire pour les visisteurs, ni si l’entrée sera interdite à ceux ne justifiant pas d’un taux d’alcoolémie suffisant - quant à installer des pages arrachées du Coran en lieu et place des rouleaux de papier toilette, sur le modèle guantanamien, ou recruter Philippe Servaty (2) en tant que garçon de cabine, Nicolas Alami et Serge Benkirane gardent là-dessus un silence pudique.

Bravo ! La joie de vivre, la liberté, l’individualisme et le respect de l’individu s’en trouvent sensiblement renforcés au Maroc. On attend désormais que l’entrée de femmes non-voilées soit interdite à Aswak Salam (3), histoire que l’on ne reste qu’entre soi, et que nul ne soit confronté à la fréquentation de concitoyens différents de soi-même.

Par contre, ceux qui s’attendraient à un esclandre médiatique (du moins dans la presse francophone marocaine) contre Serge et Nicolas devront sans aucun doute déchanter : chacun sait que l’intolérance n’existe que dans le chef de barbus et de femmes voilées, décrocher un bac à Lyautey ou Descartes (4) ou boire quotidiennement de la Heineken suffisant à eux seuls à garantir humanisme et ouverture d’esprit…Bien évidemment, la patrie aurait été déclarée en danger (elle l’est d’ailleurs assez souvent ces jours-ci…) si une femme non-voilée eut été refoulée de quelque plage, piscine ou autre lieu de villégiature que ce soit…

On espère pour Serge et Nicolas que leur dévouement à “la cause” leur vaudra force champagne et petits-fours au prochain quatorze juillet du consulat de France à Casablanca…et qui sait, si un demeuré s’avisait de leur livrer de vive voix le fond de sa pensée, leur statut passerait immédiatement à celui de martyrs de la modernité dignes d’un bon petit reportage de derrière les fagots à “Envoyé spécial” ou dans “Le Point”, un peu sur le modèle d’Anas Jazouli, martyr virtuel de “Miss Maroc” (5)…

 

 

 

Source : minorites.org

http://www.oumma.com/article.php3?id_article=1607

France: Etat des lieux des pratiques discriminatoires

Mardi 4 juillet 2006
Mardi 05 Juillet 2005

Les tribunaux ont déjà prononcé plusieurs condamnations à l’encontre de propriétaires privés ou d’agents immobiliers se livrant à des pratiques discriminatoires. Voici quelques stratégies utilisées pour écarter des candidats locataires d’origine africaine, antillaise, maghrébine ou turque.«L’appartement est déjà loué»

C’est l’argument le plus fréquemment utilisé. Exemple : novembre 1999 : Zitouna Idir est à la recherche d’un logement à Dijon. Elle repère une annonce. Téléphone à la propriétaire. Mais lorsqu’elle décline son identité, elle s’entend répondre: «L’appartement est déjà loué». Le jour même, elle demande à une amie de rappeler en se présentant sous l’identité bidon de «Geneviève Dupont». Cette fois, la propriétaire affirme que le logement est libre et lui propose de le visiter. En décembre 2000, le tribunal correctionnel de Dijon l’a condamnée à 762 euros d’amende. Zitouna Idir a obtenu 300 euros de dommages intérêts et 230 euros pour les frais de procédure. D’autres tribunaux ont eu à connaître des affaires similaires. A Paris, Versailles, Toulouse ou encore à Compiègne (Oise) où les juges ont prononcé une condamnation assortie d’une peine de trois mois de prison avec sursis et d’une forte amende. S’étant aperçue que l’agent immobilier avait loué son appartement à un couple franco-maghrébin, la propriétaire avait fait changer les serrures du logement alors que les locataires avaient déjà signé leur bail et repeignaient le lieu. Pour confondre des agences immobilières ou des propriétaires privés, SOS Racisme utilise la technique du «testing» téléphonique enregistré. Un procédé jugé «loyal» en mars 2003 par le tribunal correctionnel de Toulouse, ce qu’a confirmé la cour d’appel. Contactée par un couple, la responsable d’une agence leur avait expliqué qu’elle ne pouvait «pas louer à des gens de couleur». 3 000 euros d’amende pour elle et le propriétaire du logement. 

«Le garant doit être français»

Le dossier de Mamadou Cissé, expert comptable d’origine sénégalaise, candidat à la location d’un appartement, remplissait tous les critères de solvabilité exigés par le bailleur. Mais un responsable de l’agence immobilière Lamy, dans la région de Toulouse, avait trouvé une parade. Il avait exigé de Mamadou Cissé «un garant de nationalité française». C’est illégal. L’agent immobilier a été condamné en avril 2002 à verser 3 000 euros de dommages intérêts à la victime.

Fichage informatisé

Outre les testings, SOS Racisme reçoit régulièrement des témoignages de salariés d’agence immobilière ou de cabinet d’administrateurs de biens choqués par des méthodes de fichage ethnique des candidats. Des codes chiffrés (1, 2, 3) servent à indiquer leur origine (européenne, maghrébine, africaine ou antillaise). L’employé d’un grand cabinet d’administration de biens de la région parisienne a fourni à l’association un listing d’appartements à louer : sur certaines fiches apparaît la mention «[le propriétaire] ne souhaite pas avoir de locataires de couleur ou immigrés». De nombreuses procédures judiciaires sont engagées à l’encontre de ces cabinets.

Le secteur du logement social n’est pas exempt de reproches. Ainsi la société anonyme de HLM Le Foyer de la Charente-Maritime avait mis en place la méthodologie du scoring : pour chaque demandeur de logement, elle attribuait «une note de probabilité de survenance du risque» en prenant en compte de nombreux critères, dont la nationalité.

Le droit de préemption

La discrimination touche aussi les accédants à la propriété. Plusieurs familles d’origines turque ou maghrébine suspectent ainsi le maire divers droite de Pont-de-Chéruy (Isère) d’utiliser le droit de préemption pour les empêcher d’acheter un logement dans sa commune (Libération du 5 février 2003). Sylvia Akdag, jeune Française d’origine turque, avait trouvé la maison de ses rêves par le biais d’une agence immobilière. Préemptée ! En avril 2003, le tribunal administratif de Grenoble a annulé l’arrêté pris par l’élu, la procédure étant entachée «d’une erreur de droit et de détournement de pouvoirs».

http://www.liberation.fr/page.php?Article=308700

Etre arabe est une conduite à risque

Mardi 4 juillet 2006
Mercredi 24 Août 2005

Notre amie nous avait prévenus : ce samedi est classé noir. En partant à l’aube avec les enfants encore endormis, il était possible d’échapper au piège des bouchons rituels de la fin juillet. En abordant la région parisienne en fin de matinée, nous étions sûrs de pouvoir déjeuner à la maison ; ce samedi ne sera pas noir pour nous. C’était compter sans la panne imprévisible, l’attente interminable d’un dépanneur envoyé par la gendarmerie, la voiture ballottée sur une voie d’urgence coincée au milieu des six voies qui conduisent aux portes de Paris. Plus d’une heure après, enfin en sécurité dans la cabine du camion, nous étions soulagés et envisagions l’épilogue du feuilleton «retour de vacances» ; c’était compter sans le zèle de fonctionnaires assermentés, surgissant à toute allure dans un car de police, nous forçant à nous arrêter sur le bas-côté de l’autoroute.Sans vérifier qui se trouve à bord, ils braquent leurs armes sur nous en ordonnant de lever les mains en l’air et de descendre à tour de rôle. A commencer par le chauffeur plaqué contre son véhicule pour subir une fouille entrecoupée de questions en rafale ; puis vient le tour de mon mari, allongé face contre terre dans les herbes folles et fouillé énergiquement. Loin de s’arrêter là, les policiers, qui semblent ne pas voir qu’ils ont affaire à une famille d’ex-vacanciers, continuent l’évacuation sans ménagement. Un policier armé m’ordonne de descendre et de m’étendre face contre terre à distance de mon mari ; presque sans hésitation, il réitère la scène avec notre fille, 14 ans, et ignorant ses sanglots de panique entrecoupés de «Pourquoi, pourquoi ?», lui dit de s’allonger, elle aussi. Puis, rien ne semblant pouvoir les rappeler au bon sens ou au discernement le plus élémentaire, ils accueillent arme au poing nos deux jeunes enfants, 9 et 6 ans, descendus derrière leur soeur les mains en l’air et leur ordonnent de se tenir à bonne distance de leurs parents. Là, nous atteignons le comble de l’absurdité et de l’angoisse, lorsque, toujours allongés, nous découvrons nos enfants les bras hissés, l’air ébahi face à des policiers qui ne semblent toujours pas convaincus qu’il serait temps de rengainer leur arme. En une fraction de seconde, la crainte du mouvement de panique ou la perte de contrôle qui seraient fatales à un des enfants se précise, je me dis, dans un état second, qu’il ne faut surtout pas manifester une quelconque résistance ni protester devant ce qui ressemble à s’y méprendre à une bavure policière. Le grotesque le disputant au tragique, je me tiens tranquille. 

C’est alors que mon mari, de sa position allongée, se met à parler à la troupe encore hésitante : «Mes enfants, ce sont mes enfants, s’il vous plaît ; c’est moi qui ai appelé la gendarmerie pour être dépanné, nous rentrons de vacances ; je suis chirurgien des hôpitaux de Paris, ma femme enseigne à l’université, vérifiez nos papiers, s’il vous plaît.» Je ne sais pas lequel s’est ressaisi en premier, mais, enfin, pendant que les uns et les autres, visiblement soulagés, rengainent progressivement leur arme, un premier se décide à fouiller dans les poches de mon mari toujours à terre pour retrouver son portefeuille et ses papiers, un autre vient me demander les miens que j’extirpe, allongée, de mon sac avec précaution, ne voulant pas inquiéter par des gestes brusques. Un troisième parle à la grande, toujours en pleurs, dit aux enfants de baisser les bras et de se rapprocher de moi, sans réaliser qu’ils ne sont pas vraiment rassurés de me voir maintenue à terre, comme leur père, dans une position humiliante.

Tout s’est passé très vite, et pourtant, la violence psychologique et physique infligée, la crainte de la balle perdue, semblent avoir duré une éternité. C’est alors qu’un policier revêtu d’un gilet pare-balles nous explique que notre voiture a été confondue avec celle de braqueurs recherchés. En dépit du soulagement des policiers, des excuses réitérées et des mots de réconfort prononcés à la demande de mon mari, leur conseillant de s’humaniser aux yeux des enfants découvrant l’expérience d’armes pointées sur eux, le trouble et l’écoeurement ne se sont pas dissipés. Fin du mauvais téléfilm, à moins qu’il ne s’agisse d’un exercice d’entraînement dont nous avons été les figurants (les otages ?) involontaires.

Maintenant, les questions fusent. La première : pourquoi nous ? Le hasard, nous avons été le jouet du plus pur hasard, de ce qui était destiné à n’être qu’une péripétie d’un samedi de juillet très chargé. Cela aurait pu arriver à n’importe quelle autre voiture passant par là. Mais ce fut nous, la famille de vacanciers en panne, anonyme, sans relief ni signe particulier. Quoique… Comment ne pas se poser la question embarrassante ? Qui nous dit que leur capacité d’évaluation de la situation n’a pas été altérée par la présence à l’avant de la cabine d’un passager qui avait la tête de l’emploi : un Arabe ? Confondant le plan Vigipirate, la lutte antiterroriste et la répression du banditisme, les policiers ont vu dans ce «suspect» le protagoniste parfait dans tous les rôles de criminel. N’ayant vu que cela, et comme il n’était pas écrit sur son front qu’il se trouve être chirurgien transplanteur spécialiste de la mucoviscidose, les policiers ont perdu de vue la femme et les trois enfants assis à l’arrière. Pourtant, s’ils n’avaient pas été saisis d’une myopie bien dans l’ambiance «arrestation musclée du suspect idéal», ils auraient pu en une fraction de seconde se rendre compte qu’ils n’étaient pas en présence de dangereux braqueurs armés jusqu’aux dents. Les événements n’auraient pas tourné au cauchemar pour le conducteur et les passagers. Je l’avais écrit ailleurs, je ne croyais pas en vivre un jour la dangereuse démonstration avec les miens : le simple fait d’être arabe est une conduite à risque pouvant mettre en danger celui qui porte le stigmate comme ceux qui se trouvent à ses côtés. Ainsi, malgré lui, par sa simple présence, mon mari aura alimenté le délire sécuritaire qui brouille la pratique policière responsable.

Outre les effets désastreux d’une telle situation sur la personne qui s’y trouve piégée, je ne peux pas ignorer que le racisme antiarabe, parmi d’autres, est banalisé, intériorisé au sein de la police comme dans d’autres administrations, et qu’il libère des comportements disproportionnés même sans intention raciste de la part de ses auteurs. Mais alors, une autre question s’impose : avant même que le faciès ne produise son effet magique, pourquoi la gendarmerie, avertie de notre panne, n’a pas été contactée par les policiers en surveillance pour s’assurer que le véhicule était signalé aux services concernés ? Ils auraient pu aisément constater que nous attendions réellement un dépannage et, pourquoi pas, nous secourir, étant donné l’emplacement où nous étions coincés. Mais le plus grave, ce qui n’a cessé de nous inquiéter depuis ce samedi noir, c’est l’absence de professionnalisme et de discernement de ces policiers qui les a conduits à traiter de façon violente et humiliante ceux qu’ils auraient dû protéger. Par un retournement inouï, nous avons été projetés dans un climat d’insécurité qui est l’exact envers du climat sécuritaire que l’on nous vend depuis plusieurs années en guise de politique intérieure. L’incompétence des policiers illustre le caractère contre-productif d’un discours sécuritaire outrancier et excessif, qui finit par déteindre sur les pratiques de ceux censés l’appliquer. Excès de langage, sensationnalisme des mises en scène, banalisation d’une violence qui n’a plus rien de légitime lorsqu’elle s’exerce contre des citoyens anonymes et innocents, voilà où nous mène le sarkozysme travesti en projet politique. Du lamentable «il faut terroriser les terroristes» à l’indigent «il faut nettoyer les quartiers au Kärcher», une rhétorique nauséabonde condamne ceux auxquels est promise la voie, introuvable, de la méritocratie, à avoir plus de chance d’être piégés dans des ornières d’autoroute où ils sont exposés, avec leurs enfants, à toutes les insécurités. Est-ce là le sort des citoyens sans qualité : la promotion de l’égalité des chances, d’être victime du risque sécuritaire ?

Nacira Guénif-Souilamas, sociologue et «juilletiste»

http://www.liberation.fr/page.php?Article=318729

Zoro signe son ras le bol

Mardi 4 juillet 2006

Mercredi 30 Novembre 2005

Les joueurs de football à la peau noire continuent d’être pris à parti dans certains stades européens. Marc André Zoro, défenseur ivoirien du FC Messina, n’a pu contenir son exaspération face aux injures racistes dont il a été victime, ce dimanche, lors d’une rencontre à domicile contre les Milanais de l’Inter. La Fédération Internationale de Football est alertée, une fois de plus. Le racisme gagne du terrain dans le football européen. Les joueurs à la peau noire sont très régulièrement les cibles de manifestations racistes de la part de supporters. Ce dimanche, l’Ivoirien Marc André Zoro Kpolo, continuellement harcelé dans les divers stades italiens, a tiré l’alarme sur le terrain. A la 66e minute du match qui oppose les clubs de première division FC Messina Peloro et l’Inter de Milan, le défenseur de 21 ans signifie à l’un des arbitres son agacement devant les injures à caractère raciste qui fusent depuis le début de la rencontre. Excédé, le joueur prend la balle dans les mains et menace d’arrêter la rencontre. « J’ai dit à l’arbitre de faire quelque chose, de leur dire d’arrêter. Comme ils continuaient de plus belle, j’ai pris le ballon pour leur faire comprendre », a expliqué Marc André Zoro, contacté par Afrik. Soutenu par les joueurs des deux équipes alors qu’il ne retenait plus ses larmes, le jeune Ivoirien décide finalement de reprendre la partie. « Je suis un joueur professionnel, mes co-équipiers et les adversaires de l’Inter qui menaient au score n’y étaient pour rien, il fallait continuer le match. D’autant plus que mon club aurait pu être pénalisé ». Histoire d’un racisme ordinaire Partout en Europe, le racisme dans les stades de football est monnaie courante. Les Britanniques ont réussi à réprimer la hargne de leur Hooligans, mais l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie ou encore la France semblent ne pas pouvoir gérer la montée de l’intolérance dans les stades. Dans l’Hexagone, le public du Paris Saint-Germain (PSG) est réputé le plus raciste. L’attaquant guinéen Amara Simba doit certainement se souvenir encore des banderoles « Simba la Banane » déployées, dans les années 80, par les fans de son club. Les supporters du club de la capitale sont scindés en deux. Ainsi, dans le Parc des Princes, stade de l’équipe, la tribune « Boulogne » est interdite aux non Blancs, celle d’ « Auteuil » est réservée aux supporters d’origine étrangère… et aux Juifs. Cette ségrégation, tacitement installée, est connue de tous, y compris des joueurs noirs qui évoluent dans le club. Mais s’il était une palme des supporters les plus racistes, elle serait décernée à la Lazio Roma, un des deux clubs de la capitale de l’Italie, pays où les supporters du Nord seraient plus racistes que ceux du Sud. En janvier dernier, son attaquant Paulo Di Canio, créait le scandale pour avoir effectué un salut nazi après avoir marqué un but. Plusieurs fois sanctionné à cause des attaques racistes de ses supporters, Claudio Lotito, président du club, a dû, en août dernier, présenter des excuses à Marc André Zoro. Dans le quotidien italien La Repubblica, le même Di Canio déclarait encore, ce mardi, que l’opinion publique italienne ne s’émouvait que pour les Noirs. Prise de conscience ? Certains stades prennent des allures de zoo, mais ce n’est pas sur le terrain qu’on trouve les bêtes. Jets de bananes et de cacahuètes, des supporters qui prennent un malin plaisir à pousser ce qu’ils pensent être des cris de singes, à injurier à la moindre action d’un joueur noir, peu importe qu’il soit de leur équipe. Ce sont là quelques attitudes qui sont devenues monnaie courante dans le football européen. Ainsi, en février dernier, l’international camerounais Samuel Eto’o mimait un singe après avoir marqué pour son équipe, le club espagnol du FC Barcelone, contre le Réal Saragosse. « J’ai dansé comme un singe parce qu’ils m’avaient traité comme un singe ! Ces incidents ternissent l’image du football espagnol. Il est temps que la fédération intervienne et punisse ces clubs », avait-il déclaré à la presse. Un mois plus tard, Eto’o était à nouveau traité de singe par des stadiers anglais à l’issue d’un match que son équipe, avait perdu contre les Anglais de Chelsea. Suite à l’incident de dimanche, la fédération italienne de football a décidé de faire démarrer toutes les prochaines rencontres de première et seconde division avec cinq minutes de retard pour faire réfléchir sur le racisme. « Cinq minutes avant, cinq minutes après, ça ne changera rien », a déclaré Marc André Zoro. « Chaque année la Fifa [Fédération internationale de football, ndlr.] essaie d’agir, elle sait ce qu’elle a à faire. Je n’ai pas de conseil à donner, mais le plus important c’est que les gens comprennent que ce qu’ils font n’est pas bien ». Interrogé sur la campagne contre le racisme dans le foot, Stand up speak up, initiée en janvier dernier, par l’international français Thierry Henri, Zoro a affirmé que « ces initiatives sont les bienvenues, mais cela ne va rien apporter car ces gens sont des ignorants ». L’attaquant d’Arsenal, club de première division anglaise, avait en effet été traité, en novembre 2004, de « negro de mierda » par Luis Arragonès, sélectionneur national de l’équipe d’espagnole. L’international brésilien Ronaldhino, nouveau ballon d’or a déclaré, ce lundi, qu’il était solidaire de Zoro « qui avait bien fait ». D’autant plus que le racisme sur les stades italiens semble avoir encore de beaux jours devant lui. Du moins si l’on s’en tient aux déclarations de Silvio Baldini, entraîneur de la Lecce, qui estimait, ce mardi, que cette histoire était trop exagérée, et qu’en Afrique, les Blancs aussi étaient victimes du racisme.

 http://www.afrik.com/article9110.html

Elle ne peut monter sur l’estrade au seul motif qu’elle porte un foulard

Mardi 4 juillet 2006
Jeudi 09 Mars 2006

 

Vendredi 25 novembre 2005, lors de la cérémonie de remise des diplômes d’ingénieurs pour les 35 ans de l’Université, le Directeur de l’Institut Galilée, Monsieur Jean-Pierre Astruc, s’emporte et exprime son refus qu’une étudiante diplômée monte sur l’estrade au seul motif qu’elle porte un foulard.

Ceci est paradoxal par rapport au discours d’introduction qui affichait la fierté de l’Université de former des diplômés représentatifs d’une large diversité culturelle : une richesse pour l’Institut Galilée, l’Université et la société.

Il apparaît d’après les faits, que des responsables universitaires persistent à penser que la diversité culturelle a ses limites. La présence d’étudiants de différentes origines n’a pas choquée mais celle d’une étudiante voilée est intolérable pour certains.

Considérée comme une « provocation », des citoyens de moins en moins désirés constituent pour certains un élément « nuisant à l’image de marque de l’Université ».

Ces comportements cautionnent et sont le reflet d’une politique générale d’exclusion et de discrimination.

Au sortir des évènements des banlieues, la représentativité de la diversité nationale et de sa promotion est une question qui n’est pas encore assumée dans de nombreux esprits.

Plus grave, aujourd’hui, la pression est palpable à l’encontre de ceux qui ne cautionnent pas ces discriminations. La direction de l’Institut Galilée demande à Madame Soraya BELATOUI, Chef du service de la formation d’ingénieur de quitter l’Institut car elle a refusé d’appliquer un ordre de sa hiérarchie. Ordre qu’elle jugeait illégal et discriminatoire Ne soyons pas complice du système discriminatoire qui se généralise à l’Université et ailleurs.

Les manifestations publiques de ces injustices ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

Nous demandons à la Présidence de l’université et aux instances administratives compétentes de condamner et de sanctionner les auteurs de ces discriminations et de soutenir celles et ceux qui s’y opposent.

Collectif contre la discrimination.

15 février 2006

Pour signer la pétition cliquez sur le lien ci-dessous :

http://solidarite-p13.6te.net/

Débat sur le voile au Collectif Droits des femmes

Lundi 3 juillet 2006

Un point de vue féministe contre l’exclusion des élèves voilées

Ce texte est la version définitive, revue par l’auteure, d’un texte adressé d’abord au Collectif Droit des femmes. Ce texte ayant circulé sur internet avec diverses “étiquettes”, Christine Delphy nous demande de préciser qu’il s’agit d’une position personnelle.

Je trouve très dommage que sur la question du foulard islamique le collectif national des droits des femmes ne parvienne pas à trouver une position commune, et que la somme des interventions tende vers l’appui de l’interdiction. On ne peut qu’être d’accord avec l’analyse selon laquelle le foulard islamique est un signe de l’infériorité des femmes. Mais a-t-on tout dit quand on a dit ça ? Que de jeunes françaises le revendiquent aujourd’hui montre qu’il n’est pas que cela, qu’il a de multiples significations. Et que c’est à cette multiplicité qu’il faut s’adresser, avant de prendre des mesures aussi radicales qu’une loi, qui, sous couvert de rétablir la laïcité menacée, exclura ces jeunes filles de l’école. Cette mesure est d’une grande violence vis-à-vis des jeunes filles. Et on peut craindre qu’en sus de punir des individus, elle aura les effets inverses de ceux escomptés.

Il me semble qu’il faut d’abord se demander pourquoi on en est à la troisième affaire du foulard. Pourquoi tant de passion là-dessus, plus que sur les viols collectifs, plus surtout que sur la discrimination, et ses effets sur les jeunes descendant-es d’immigré-e-s maghrébin-e-s ? N’est-ce pas une façon de déplacer le problème ? Pourquoi la société française est-elle toujours plus préoccupée par les signes que par ce qu’ils signifient ? Si on observe vraiment ce qui se passe, on s’aperçoit que le foulard, comme l’islam “néo-communautaire” (expression de Khosrokhavar, chercheur CNRS, dont le livre, L’Islam des jeunes est une lecture indispensable), est une réaction française - de jeunes Français - à une situation également française : l’exclusion , le rejet matériel et social d’une partie des jeunes Français par la société française. Parler de l’Algérie, de l’Iran, etc. c’est hors-sujet. Le foulard n’a pas la même signification dans des contextes différents. Et rapporter le foulard islamique français ou plus largement européen, au foulard islamique dans les pays musulmans, c’est bien encore une fois, voir ces jeunes d’abord comme étrangers. Ce rejet met ces jeunes dans une situation de souffrance sociale et psychologique. C’est une génération qui a pris acte de l’échec de sa revendication d’égalité. Renvoyée en dépit de son intégration - sa maîtrise de la langue, ses diplômes, ses façons de vivre françaises - à sa “différence”, elle a pris le parti de revendiquer sa différence. Mais elle n’en accepte pas la définition dominante : elle refuse que cette différence soit une infériorité. Qui peut vivre dans l’acceptation de son infériorité ?

Nous féministes, devrions le comprendre mieux que les autres. Cette génération, mise dans l’incapacité de se défaire de cette différence imposée comme un stigmate, en retourne le sens. On leur dénie le droit d’être français à part entière - tout en leur enjoignant de chercher indéfiniment à l’être. Aux prises avec ce qui est ” double bind ” - avec une situation ” perdant-perdant ” - les jeunes descendant-es de Maghrébins n’ont qu’une sortie ” par le haut “ : positiver leur différence, que celle-ci soit la délinquance (mais mépriser les ” caves ” est une attitude classique des délinquants), ou l’islam. Ces deux sorties sont également défensives, mais ne sont pas équivalentes : la délinquance confine les individus dans la marginalité et la haine ; la revendication d’une identité musulmane, en permettant aux individu-e-s d’investir d’un contenu choisi et valorisant une différence qui leur est de toutes façons imposée, est, contrairement à ce que pensent la majorité des ” Français de souche “, une façon de pouvoir être aussi français : français musulmans.

Condamner les expressions de ce qui est une rébellion mais aussi, comme toute rébellion, une stratégie de survie en dépit du racisme, les réprimer, c’est accentuer le ressentiment légitime des ces jeunes vis-à-vis de la société. Leur parler de laïcité et de république, alors que pour eux la république est une menteuse, qui dit une chose et en fait une autre, quel effet cela peut-il avoir sur ces jeunes qui savent et expérimentent tous les jours que, non, les chances ne sont pas égales, qui sont traités d’”Arabes” comme si cela justifiait le traitement discriminatoire, tous les jours ? Sinon de les confirmer dans leur perception de la société française comme hypocrite en sus d’être raciste ?

Cette société a créé ce problème et sur des années. Elle ne peut pas le résoudre par un coup de baguette magique. Elle ne peut que commencer à lutter contre la discrimination, et d’abord, accepter, reconnaître qu’elle la pratique et que c’est mal. Ensuite, prendre la mesure exacte du problème et cesser de discriminer. Ensuite, si elle réintègre la jeunesse qu’elle a exclue, et continue d’exclure, peut-être au bout de quelques années cette jeunesse se sentira inclue. On ne peut pas exiger des gens qu’ils nient la réalité, qu’ils prétendent ne pas voir le rejet dont ils sont l’objet. On ne peut pas non plus, encore moins, leur dire qu’ils ont des devoirs et que cela : des devoirs sans droits. On peut aussi prendre la voie de la surenchère : réagir à ce qui est une réaction par la répression (vous avez des devoirs et pas de droits), et continuer à créer ainsi en France une société de castes ; qui sera de surcroît de plus en plus violente, car le risque est de transformer les islamistes néo-communautaires, ou les jeunes filles qui portent le foulard aujourd’hui (et ne le portaient pas hier), en islamistes radicaux et radicales.

L’enjeu pour les jeunes qui se revendiquent musulman-e-s, c’est de faire reconnaître l’islam comme une religion française, en France. Que la société le voie comme une provocation, c’est dans le droit fil de son rejet des populations d’origine maghrébine. Qu’elle le traite par la répression marche bien dans la perception qu’ont ces jeunes de la république comme une machine à persécuter l’Arabe et le/la musulman-e. Qu’on continue et on leur donnera raison. Oui, c’est une provocation : ces jeunes veulent mettre la société devant son propre racisme - son rejet non pas des religions mais de cette religion-là précise. Le thème de la laïcité ne peut plus faire illusion. Si elle est si chérie, pourquoi le fait que de nombreuses communes en Bretagne n’ont qu’une école - la catholique - n’est-il pas dénoncé ? Cette absence de choix - cette obligation matérielle faite aux parents de mettre leurs enfants dans une école confessionnelle n’est-elle pas une pire menace pour la laïcité ? Combien de ceux qui demandent une loi demandent aussi la révision du statut d’exception de l’Alsace-Moselle où le Concordat de Napoléon prévaut encore, avec prières à l’école, cours religieux catholiques, protestants et juifs - mais pas musulmans - obligatoires ? L’église catholique elle-même sait que ce qui est visé, c’est l’islam : ” Ce qui nous a été accordé ne doit-il pas nous être retiré parce qu’autrement il faudrait le donner aussi à l’islam ” (Mgr Doré, archevêque de Strasbourg (Le Monde, 11.11.03) ? La vérité sort de la bouche des prélats.

Cet antagonisme à l’islam, qui est le substrat jamais dit parce que consensuel de toutes ces affaires, il faudra bien un jour le regarder en face : regarder sa consubstantialité avec le racisme lié à notre histoire coloniale, à la guerre d’Algérie, à l’exploitation du travail immigré en France. C’est ce racisme qui a créé en France le sentiment - fondé - d’exclusion des descendants d’immigrants maghrébins.

Il existe certes des parallèles entre la situation en France et la détestation consensuelle qu’éprouve la ” communauté internationale ” occidentale envers l’islam, désigné, en dépit des protestations, comme l’ennemi dans la ” guerre contre le terrorisme “. Mais ce n’est pas cette situation qui a créé le racisme français, bien antérieur, ni l’exclusion. Il nous faut faire la généalogie de ce racisme ; il nous faut démonter et corriger les mécanismes d’une discrimination systémique (de tout le système) à l’encontre d’une partie de notre population. S’arracher les cheveux sur la ” montée de l’intégrisme musulman ” - les autres intégrismes ne semblent pas nous inquiéter-sur le ” fascisme vert “, voir les foulards français comme le signal de l’Armageddon, c’est à la fois conforter la théorie réactionnaire, qui arrange les fauteurs de guerre, du ” clash des civilisations ” et se mettre la tête dans le sable. C’est se réfugier dans une explication par l’Apocalypse, qui est une explication fondamentalement religieuse, pour éviter de regarder en face, et de façon rationnelle, les problèmes sociaux.

Christine Delphy

 

Christine Delphy est chercheuse au CNRS, directrice de la revue Nouvelles Questions féministes et coprésidente de la Fondation Copernic

Elle a publié notamment L’ennemi principal (deux volumes), aux éditions Syllepses.

Ces éléments d’information sont le fait du collectif Les mots sont importants. Christine Delphy s’est pour sa part exprimée à titre personnel, sans engager la responsabilité des divers groupes auxquels elle appartient.

A Argenteuil, pas de nationalité aux femmes voilées

Jeudi 29 juin 2006
Une nouvelle affaire d’islamophobie entache la mairie d’Argenteuil. Une femme s’est vue refusée la remise de son décret de naturalisation au prétexte qu’elle portait un foulard.  

Les faits remontent à l’année dernière. En avril 2005, Mme O obtient sa naturalisation française. Convoquée pour la fête de remise de son décret, le 12 janvier 2006, elle oublie, ce jour-là sa pièce d’identité.

Ne pouvant obtenir son livret, elle décide néanmoins de se rendre à la mairie d’Argenteuil, accompagné de son époux et de ses enfants. L’accès lui est refusé par la conseillère municipale au motif du port de son foulard. Après négociations, elle parvient à assister aux célébrations.

De nouveau convoquée les 9 mars et 24 mai, elle se verra refouler à deux reprises pour les mêmes raisons.

D’après le Collectif contre l’islamophobie en France qui relate l’affaire, le maire d’Argenteil aurait justifié sa position par le « principe de laïcité, de la nécessité de s’européaniser et du devoir d’”être comme tout le monde”.

Inflexible, en dépit d’une médiation du CCIF, le maire a choisi de transférer le livret de nationalité à la préfecture.

Jusqu’à présent, Mme O n’a toujours pas reçu ce document. Un recours judiciaire contre le maire est envisagé.

Source: http://www.saphirnews.com/A-Argenteuil,-pas-de-nationalite-aux-femmes-voilees_a3782.html?PHPSESSID=a4f00866610155eea9ffd621d8d581f0

Mercredi 28 Juin 2006